You are currently viewing Pourquoi nos mails et nos séries polluent plus qu’on ne le pense ?
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Nos courriels et nos marathons de visionnage engendrent une empreinte carbone conséquente, alimentée par des infrastructures matérielles extrêmement consommatrices d’énergie, centres de données, réseaux, terminaux qui demeurent invisibles. On les perçoit comme immatériels, donc presque neutres, alors qu’à l’échelle de milliards de messages et d’heures de streaming, leur impact devient tout sauf insignifiant.

À l’échelle individuelle, un courrier électronique génère à peine du poids, les chiffres récents évoquent une émission de 0,4 à 4 g de CO₂ pour un simple courrier, et quelques grammes à plusieurs dizaines pour un courriel avec pièce jointe en fonction de divers facteurs (type d’appareil, taille du fichier, nombre de destinataires).

Le souci réside dans l’ampleur, on évoque des centaines de milliards de courriels expédiés et reçus quotidiennement à travers le globe, plus de 300 milliards selon diverses évaluations récentes. À l’échelle d’une entreprise, avec des centaines ou milliers de salariés, ces grammes se transforment rapidement en tonnes.

La pollution majeure ne provient pas uniquement du stockage sur les serveurs. La répartition de l’empreinte carbone d’un e-mail se fait entre différentes catégories :

– La production et l’utilisation des dispositifs (ordinateurs, téléphones intelligents) employés pour composer et consulter les messages, qui constituent la plus grande part de l’impact.

– Les centres de données qui conservent et gèrent les courriels, opérant sans interruption et demandant une grande quantité d’énergie pour alimenter et rafraîchir les serveurs.

– Les réseaux qui acheminent les informations sur des milliers de kilomètres.

Des évaluations du cycle de vie indiquent que pour un courrier électronique contenant une pièce jointe, près de 90 % de l’impact environnemental provient des dispositifs pour la production et la consommation d’énergie, tandis que la contribution du transport et du stockage en soi est très minime. En d’autres termes, faire un peu de rangement dans sa boîte de réception peut aider, mais augmenter la longévité de ses appareils et minimiser le volume d’e-mails envoyés s’avère encore plus performant.

Les courriels et le streaming reposent sur la même infrastructure, qui sont les centres de données. Ces centres de données, abritant des services de messagerie, des plateformes de vidéo et du cloud, utilisent à peu près 2% de l’énergie mondiale et seraient à l’origine d’environ 2% des émissions de gaz à effet de serre – une proportion semblable à celle du transport aérien.

Selon certaines évaluations récentes, jusqu’à 46% des émissions de carbone numériques seraient imputables uniquement aux centres de données, surpassant les contributions des réseaux et des dispositifs. Chaque e-mail, chaque épisode diffusé sur Netflix ou autre plateforme, nécessite donc cette infrastructure : des serveurs fonctionnant en permanence, une climatisation, une duplication des données, un surdimensionnement des capacités… autant d’éléments qui expliquent pourquoi une activité immatérielle peut avoir un impact concret sur le climat.

En ce qui concerne les séries, l’impact devient plus apparent une fois que l’on examine les chiffres. Selon une recherche mentionnée par Netflix, on estime qu’une heure de visionnage sur leur plateforme génère approximativement 100 grammes de CO₂, soit l’équivalent d’environ 40 minutes d’utilisation d’un climatiseur. Des recherches supplémentaires indiquent que, selon la qualité de la vidéo, une heure de contenu en ligne peut générer plusieurs centaines de grammes de CO₂, en particulier pour la haute définition ou la 4K.

Avant tout, le souci est structurel car on estime que chaque minute, des centaines de milliers d’heures de vidéos sont regardées dans le monde entier, toutes plateformes confondues. Lorsque l’on estime à 100 à 400 g de CO₂ par heure de visionnage, le total grimpe rapidement à une échelle mondiale considérable.

 

On peut drastiquement diminuer l’impact carbone de ses courriels et de ses sessions de séries sans avoir à revenir au courrier traditionnel. Certaines mesures concrètes se dégagent des analyses :

Réduire l’envoi de courriels.

-Rendre les messages plus légers, réduire la taille des pièces jointes, préférer les liens aux fichiers…

-Optimiser ses souscriptions, se désabonner des bulletins d’information jamais consultés pour diminuer les envois automatiques quotidiens.

-Prolonger la longévité des appareils reste l’un des moyens les plus efficaces, étant donné que la production d’un ordinateur ou d’un smartphone génère une grande partie de l’empreinte carbone du numérique.

Diminuer la qualité de l’image lorsque ce n’est pas indispensable, passer de la 4K à la HD, voire à une définition standard sur un écran de petite taille, réduit considérablement la quantité de données transférées et par conséquent, l’impact carbone.

Pour éviter que ça ne tourne en arrière-plan, fermez l’onglet ou l’application quand vous ne regardez pas vraiment, au lieu de laisser les épisodes s’enchaîner automatiquement.

Favoriser le Wi-Fi plutôt que la 4G/5G, il dépense bien moins d’énergie par gigaoctet transmis comparé au réseau mobile.

Opter pour des équipements robustes et adéquatement dimensionnés, il est inutile de remplacer un écran tous les deux ans pour obtenir une légère amélioration en termes de définition, si cela implique une empreinte carbone élevée lors de sa fabrication.

Le but n’est pas de blâmer chaque message ou incident, mais d’avoir des proportions réalistes pour agir là où cela est vraiment important. Nos courriels et nos séries dépendent d’une infrastructure pesante, consommatrice d’énergie, encore largement alimentée par des énergies fossiles.

En saisissant davantage ce qui se cache derrière chaque clic, on peut opter pour des décisions plus économes, transmettre moins d’informations mais de qualité supérieure, passer un peu moins de temps ou moins pesamment, utiliser ses appareils sur une durée prolongée. Sur le plan individuel, ce sont des économies de grammes ou de kilos ; sur le plan collectif, ce sont des millions de tonnes de CO₂ qui peuvent être évitées si ces actions sont soutenues par des politiques ambitieuses concernant les centres de données et l’énergie.

 

Sources :

https://empreinte-carbone.org/empreinte-carbone-dun-e-mail-petit-ou-grand-impact/

https://www.thegreenshot.io/fr/non-classe-fr/pollution-data-center/

https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/non-l-empreinte-carbone-d-une-heure-de-streaming-quotidien-en-un-an-n-est-pas-egale-a-celle-d-un-vol-paris-new-york-2245161.html

https://www.sami.eco/blog/empreinte-carbone-email

https://www.eniplenitude.fr/en-lumiere/aides-energie-entreprises/sobriete-energetique/empreinte-carbone-mail

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