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Prompt engineer, éthicien de l’IA, coordinateur humain-machine… Le marché du travail se réinvente sous l’effet de l’intelligence artificielle. Les grandes institutions internationales le documentent désormais avec précision.

Depuis l’irruption de ChatGPT fin 2022, le monde professionnel se reconfigure à une vitesse que peu d’observateurs avaient anticipée. En mai 2025, l’Organisation internationale du travail (OIT) a publié un nouvel indice mondial mesurant l’exposition des professions à l’IA générative, couvrant près de 30 000 tâches réparties sur l’ensemble des métiers recensés à l’échelle internationale. Ses conclusions nuancent le récit catastrophiste : l’IA ne détruit pas mécaniquement l’emploi, elle le transforme, et, dans le même mouvement, en invente de nouveaux.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), 60 % des emplois dans les économies avancées présentent un degré élevé d’exposition à l’IA. Parmi eux, 27 % seraient fortement complémentaires à la technologie, et donc susceptibles d’en bénéficier, tandis que 33 % pourraient être partiellement substitués. La nuance est capitale : être exposé à l’IA ne signifie pas être condamné par elle.

Des profils entièrement nouveaux

C’est dans ce contexte qu’une nouvelle génération de métiers émerge, souvent sans précédent dans les nomenclatures officielles. Selon McKinsey, plus de 50 % des heures de travail dans les fonctions support, ressources humaines, juridique, finance, marketing, comportent des tâches directement automatisables par les grands modèles de langage. Cette réallocation crée mécaniquement un besoin de profils capables de piloter, superviser et optimiser ces systèmes.

Parmi eux, le prompt engineer s’impose comme la figure emblématique de l’IA générative : chargé d’interroger les modèles de façon à en maximiser la pertinence, ce professionnel hybride conjugue sensibilité linguistique et compréhension des architectures algorithmiques. À ses côtés, l’architecte IA conçoit les infrastructures nécessaires au déploiement des solutions, tandis que le MLOps engineer assure leur maintenance en production, un rôle aussi discret qu’indispensable.

L’éthique, nouveau champ professionnel

L’une des évolutions les plus structurantes tient à la professionnalisation de l’éthique algorithmique. La Commission de l’intelligence artificielle, dans son rapport de mars 2024, rappelait que l’IA remplace des tâches et non des emplois, mais cette substitution partielle soulève des questions de transparence et de responsabilité qui exigent désormais des compétences dédiées.

L’AI Ethicist, ou éthicien de l’IA, incarne ce nouveau champ : il évalue les biais algorithmiques, établit des chartes de gouvernance et veille à la conformité des systèmes avec le droit européen, notamment le règlement sur l’intelligence artificielle entré en application en 2025. Un profil à l’intersection du droit du numérique, de la philosophie morale et de l’ingénierie des données, qui n’existait pas sous cette forme il y a cinq ans.

La transformation plutôt que la destruction

Au-delà des métiers purement nouveaux, c’est l’ensemble du tissu professionnel qui se reconfigure. Selon une étude conjointe de McKinsey et de l’Institut de l’Entreprise publiée début 2025, près de 27 % des tâches réalisées par les salariés français pourraient être confiées à l’IA d’ici 2030, voire 45 % d’ici 2035 dans l’hypothèse d’une adoption rapide.

Le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial estime que si environ 92 millions de postes existants devraient disparaître, quelque 170 millions de nouvelles opportunités devraient émerger à l’échelle mondiale, à condition que les systèmes éducatifs et les politiques publiques sachent accompagner cette transition à la bonne vitesse. En France, ce défi reste largement ouvert.

 

Sources :

  • https://www.ilo.org/fr/publications/intelligence-artificielle-generative-et-emploi-revision-2025
  • https://labo.societenumerique.gouv.fr/fr/articles/dossier-impacts-de-lintelligence-artificielle-sur-le-travail-et-lemploi-nouvel-enjeu-du-dialogue-social/
  • https://www.rhmatin.com/sirh/gpec/travailler-avec-l-ia-en-france-27-des-taches-impactees-d-ici-2030.html
  • https://www.macertif.com/blog/ia-generative-en-2025-les-metiers-gagnants-et-perdants—regard-mondial-focus-europe-et-france
  • https://www.weforum.org/publications/the-future-of-jobs-report-2025/

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