You are currently viewing Après Matthew McConaughey, Taylor Swift dépose sa voix comme une marque auprès de l’USPTO
image d'illustration libre de droit

Alors que l’intelligence artificielle a fait irruption dans la vie de tous d’une manière ou d’une autre, et qu’elle ne cesse de se perfectionner, de plus en plus d’artistes se prémunissent juridiquement contre les effets potentiellement néfastes de cette technologie. L’IA est en effet amenée à revoir notre façon de protéger les artistes, ce qui implique également pour ces derniers de redoubler d’imagination pour se protéger. Il y a quelques temps, on se souvient de cette interprétation d’une chanson de Damso par une IA reprenant la voix de la chanteuse Angèle. Face à l’engouement autour de cette chanson, la chanteuse avait décidé de la réinterpréter, lui permettant alors de se réapproprier l’interprétation de ce morceau. Les artistes doivent donc redoubler de vigilance afin de garder la propriété de leur voix et de leur art.

Une récente affaire met en exergue le souci des artistes de se protéger et ne fait que confirmer la crainte des artistes face à l’IA. Le 27 avril 2026, Taylor Swift a déposé plusieurs demandes auprès de l’USPTO (United States Patent and Trademark Office) dans le but de protéger sa voix ainsi que son image. Une démarche similaire avait été menée par le comédien Matthew McConaughey au début de l’année. Il avait notamment entrepris de prévenir l’utilisation non autorisée de sa voix par des outils d’intelligence artificielle. En effet, l’évolution de l’IA permet à présent de synthétiser la voix d’une personne à partir de seulement quelques secondes d’enregistrement, là où avant il était nécessaire d’avoir en sa possession de longs enregistrements, ce qui demandait un effort de plusieurs jours.

En l’espèce, la chanteuse Taylor Swift a déposé deux empreintes sonores reprenant une phrase qui lui est propre, laquelle annonçait la sortie de son album début octobre : « Hey, it’s Taylor ». Une photo de l’artiste a également été ajoutée à ce dépôt. Le but affiché derrière le dépôt de ces enregistrements serait de faire de sa voix une marque déposée, bien qu’aucune communication officielle n’ait encore été faite de la part de son équipe.

Cette démarche fait suite à plusieurs mésaventures que cette dernière a connues, notamment au moment de l’élection présidentielle. Son image avait alors été reprise afin de faire une vidéo faisant la promotion de la campagne présidentielle de Donald Trump. En outre, du fait de sa célébrité mondiale, son image ainsi que sa voix ont souvent été utilisées pour faire la promotion de produits et services divers et variés, ou encore pour divulguer des images pornographiques.

Une protection nouvelle et plus protectrice des artistes

Cette tentative de protéger sa voix à travers le droit des marques est une démarche récente, qui émerge en même temps que les usages de l’IA évoluent. Cette protection se veut en effet plus large que le droit d’auteur américain, en protégeant tout signe dès lors que ce dernier est apte à identifier l’origine commerciale d’un bien ou service, indépendamment de sa nature. Le copyright, quant à lui, est une protection efficace mais ne protège pas les artistes des contenus générés par IA. Cette protection se contente de protéger la copie de chansons existantes sans pour autant protéger la voix de manière indépendante. Pour le dire autrement, faire de sa voix une marque permettrait d’agir en justice contre un morceau qui n’existe pas mais qui a été produit avec la voix protégée d’un artiste, dès lors que la voix constitue un signe distinctif. La voix devient donc un actif commercial.

Le parallèle avec le droit français, démontrant de la nécessité d’adapter la protection

En droit français, la protection face à ce genre de technologie est insuffisante puisque les artistes ne peuvent, pour l’heure, que s’appuyer sur l’article 9 du Code civil qui protège le droit à la vie privée, et par extension protège les attributs de la personnalité (à savoir la voix, le nom, le pseudonyme, etc.). Cependant, cette approche est réparatrice et ne prémunit en aucun cas les artistes d’une utilisation frauduleuse de leur voix en amont.

Cette affaire ne fait que confirmer qu’il est nécessaire d’adapter la protection des artistes aux évolutions technologiques. Bien que celle-ci ne concerne pour l’heure que les États-Unis, elle pourrait être amenée à servir de terrain de réflexion pour protéger les artistes français.

Sources : 

  • https://www.rtl.fr/culture/musique/taylor-swift-engage-des-demarches-pour-proteger-sa-voix-contre-les-derives-de-l-ia-7900628818
  • https://www.01net.com/actualites/pour-se-proteger-du-clonage-par-lia-taylor-swift-tente-denregistrer-sa-voix-et-son-image-comme-marque.html
  • https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/01/15/matthew-mcconaughey-fait-breveter-son-image-pour-la-proteger-de-l-ia_6662248_4408996.html
  • https://www.ddg.fr/actualite/voix-image-identite-comment-matthew-mcconaughey-mobilise-le-droit-des-marques-pour-reprendre-le-controle-de-sa-personnalite-a-lere-de-lintelligence-artificielle

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.