Des solutions souvent à double tranchant
Comme nous avons pu le voir dans la première partie publiée en octobre, l’environnement en ligne est interconnecté et chaque donnée collectée peut être visible par un inconnu. Ainsi, il est crucial de prendre des mesures pour préserver son anonymat, même à travers un simple pseudo. Bien que le pseudonyme soit souvent perçu comme un bouclier contre l’identification directe, certaines pratiques peuvent permettre de limiter les risques.
Tout d’abord, il est conseillé de choisir un pseudo qui ne révèle aucun élément identifiable, comme son prénom, sa date de naissance ou une référence à un compte utilisé sur d’autres plateformes. Un pseudo unique, sans lien avec des informations personnelles, permet d’éviter des recoupements avec d’autres données disponibles en ligne. De plus, il ne faut surtout pas mettre son pseudo juste à côté de son nom ou en description sur ses réseaux sociaux. Il est par ailleurs déconseillé d’utiliser le même pseudo sur plusieurs sites ou réseaux sociaux, et varier les pseudos aide à ne pas fragiliser son anonymat.
Ensuite, il est utile d’activer les options de confidentialité offertes par les jeux et plateformes. De nombreux jeux permettent aux utilisateurs de limiter la visibilité de leur profil, de masquer leurs pseudos ou d’interdire l’accès à certaines informations personnelles, comme sur la plateforme Steam. Les paramètres de confidentialité doivent être configurés pour restreindre l’accès aux informations personnelles à un cercle limité de personnes.
Enfin, il est conseillé de régulièrement changer de pseudo, surtout dans des environnements où l’on souhaite préserver un anonymat strict. Changer de pseudonyme et éviter de s’engager dans des conversations ou des comportements qui pourraient révéler son identité réelle sont également des stratégies efficaces pour brouiller les pistes. Ces solutions, combinées à une vigilance constante, permettent aux joueurs de protéger leur anonymat et de profiter pleinement des jeux vidéo sans risquer de compromettre leur vie privée.
Les particuliers, des acteurs au cœur du système des entreprises de jeux vidéo
Dans un jeu comme World of Warcraft ou tout tourne autour du DPS (performance des joueurs sur leur personnage), il est nécessaire pour les guildes de prendre les logs pendant les « Raids » (regroupement de joueurs généralement entre 20 et 40 ayant un objectif commun, souvent de tuer des monstres difficiles à vaincre) qui sont généralement publics. Ainsi, les données personnelles sur Warcraft Logs récoltées grâce au log reposent sur les joueurs et donc des particuliers qui prennent eux-mêmes les logs généralement sans le consentement ou en informer les joueurs.
Pour Blizzard Entertainment, s’il on souhaite faire respecter sa vie privée en effaçant le pseudo de son personnage de leur armurerie, il faut obligatoirement supprimer son compte sur leur site web sans entre deux, obligeant à ne plus jamais jouer avec ses amis restant sur le jeu et supprimant ainsi tous les accomplissements sur ce monde virtuel très chronophage. De plus, pour les sites intermédiaires de Blizzard, les données tirées du pseudo des joueurs dans les logs ne sont pas considérées comme des données personnelles dans leurs CGU. C’est aujourd’hui le problème avec les entreprises de jeux vidéo qui sont des mastodontes qui tendent le bâton du soft ban en supprimant le compte de l’utilisateur.
Les données personnelles stockées sur des sites tiers comme Warcraft Log ne relèvent pas directement de Blizzard, car c’est un intermédiaire qui ne propose pas de fonctionnalité en partenariat avec le fournisseur de contenu. Ainsi, les logs mis à disposition sur des sites partenaires ne sont que des transcriptions de fichiers de jeu pris et sauvegardés par les ordinateurs personnels des joueurs qui peuvent à n’importe quel moment publier et republier leurs contenus. Ainsi, le problème est là, pour complètement supprimer un log concernant un joueur, il faudrait demander au site intermédiaire de bloquer le contenu présent, mais également futur, ce qui pourrait nuire aux autres personnes concernées par le log qui eux veulent conserver leurs performances.
En conclusion, j’ai pu échanger avec la CNIL sur ce sujet, qui a pu me confirmer qu’un pseudo sur les jeux vidéo est une donnée personnelle si elle permet de réidentifier une personne physique, et ainsi toute personne peut s’opposer conformément à l’article 21 du RGPD au traitement de ses données personnelles détenues par un organisme.

Pour les données détenues par Warcraft log, il faut pour exercer nos droits, mettre en avant des raisons tenant à sa situation particulière comme : une atteinte à la réputation, la difficulté à trouver un emploi ou simplement sa sécurité.
L’organisme peut refuser de donner suite à notre demande s’il démontre qu’il a un motif légitime et impérieux à continuer à traiter les données concernées. Si la réponse que nous donne le site n’est pas satisfaisante ou qu’ils ne répondent pas dans un délai d’un mois, alors, à ce moment-là, il est possible de déposer une plainte à la CNIL en joignant une copie des échanges avec le responsable de l’organisme concerné.
Dernièrement, concernant ce qu’a écrit Warcraft log dans ses CGU, il est rappelé qu’il n’est en aucun cas possible d’entraver l’exercice d’un droit prévu par le RGPD.
Peut-on être anonyme sur internet et les réseaux sociaux ? | vie-publique.fr
Nombre de joueurs de jeux vidéo en France 2023 | Statista
https://www.cnil.fr/fr/reglement-europeen-protection-donnees
https://fr.wikipedia.org/wiki/Swatting
https://fr.warcraftlogs.com/help/privacy
Juriste en droit de l’économie numérique, spécialisé en droit de l’Union européenne et en fiscalité des entreprises. J’ai des compétences en gestion de personnel, planification stratégique, gestion des ressources humaines et optimisation des processus logistiques. Grâce à mon expertise polyvalente, je navigue efficacement dans des environnements complexes pour fournir des solutions juridiques et opérationnelles adaptées aux besoins des organisations modernes.

