Ces dernières années l’intelligence artificielle s’est démocratisée en devenant un incontournable de notre quotidien dans de nombreux domaines. C’est notamment le cas de l’actualité et de l’information. Cependant, cette nouvelle technologie n’a pas seulement apporté des avantages, elle a également apporté son lot d’inconvénients. Au travers d’un problème majeur qui est celui de la désinformation.
Qu’elle soit apportée au travers de textes, d’images ou désormais de reproductions de voix humaine ou de vidéos. Nous sommes désormais dans une ère où la désinformation est plus répandue que jamais. Des enquêtes telles que le rapport Deepfake-Eval-2024 ont révélé la difficulté qu’ont les détecteurs de deepfake actuels à faire face à ces dernières tant ils sont nombreux et de mieux en mieux réalisés.
Ces dernières années beaucoup de cas de contenus politiques trompeurs et d’escroquerie ont été détectés. Certains de ces contenus se sont révélés avoir été publiés par des groupes étrangers aussi bien russes qu’iraniens faisant dorénavant, de la désinformation, une arme.
La désinformation vise à influencer l’opinion publique au travers de techniques de communication par le biais de la diffusion volontaire de fausses informations. L’IA est en mesure d’en produire en automatisant la diffusion. Tout simplement en créant elle-même des faux comptes sur les réseaux sociaux destinés à publier et relayer massivement des informations erronées.
Ces manœuvres affectent non seulement les médias, mais également les citoyens. L’honneur de personnalités publiques peut être anéanti en quelques heures par la diffusion d’images altérées ou de déclarations fictives. Certaines situations ont même donné lieu à des mises en cause infondées, à des campagnes de persécution ou à des tentatives d’extorsion. En effet, une fois divulguée, la désinformation devient quasiment indélébile, elle se diffuse, se reproduit et resurgit continuellement dans l’univers numérique.
La confiance ainsi que la crédibilité des sources d’informations sont fortement entachées par la croissance fulgurante des fake news. Le grand public n’est pas en mesure de distinguer le vrai du faux. Les répercussions se font ressentir au travers
de la réputation des médias, de la vie privée de certaines personnalités, politiques notamment. Mais également pour leur sécurité avec des chances plus élevées d’être victime de harcèlement ou de chantage.
Évidemment des mesures de sécurité sont adoptées cependant sont-elles réellement suffisantes ?
OpenAI a mis à disposition des chercheurs en désinformation des détecteurs de deepfake notamment pour les images produites par DALL-E 3. De plus, la même société a également introduit des contrôles visant à limiter la représentation de personnes physiques existantes via ses intelligences artificielles.
Il s’agit d’une tentative des grands groupes pour minimiser l’impact néfaste que peuvent avoir leurs créations. Néanmoins à terme il sera intéressant de constater l’efficacité de ces actions.
D’autres entreprises technologiques, telles que Google ou Meta, développent parallèlement des mécanismes de tatouage numérique visant à identifier les contenus générés par l’intelligence artificielle. Néanmoins, l’efficacité de ces dispositifs reste conditionnée au respect des normes par les générateurs d’images ou de vidéos. Aucune barrière n’empêche un développeur indépendant de créer des outils plus permissifs, susceptibles de contourner ces contrôles. Ainsi, la lutte contre la désinformation s’apparente désormais à une course poursuite entre les producteurs de réalités altérées et ceux qui s’efforcent de les identifier.
Il s’agit là d’un enjeu démocratique fondamental. La possibilité d’accéder à une information fiable détermine nos orientations politiques, notre cohésion collective et notre relation à la vérité. Si les citoyens venaient à perdre toute confiance dans l’authenticité des faits, c’est le fondement même du débat public qui se trouverait compromis.
Nous sommes face à un problème qui risque de croître avec le temps, la désinformation devient de plus en plus récurrente. La progression des IA génératives avec la capacité de produire de meilleures résolutions et la faculté de combiner désormais, un texte avec de l’audio et de la vidéo contribue à faire monter la méfiance vis-à-vis des médias. Dans un contexte de crises internationales et de contexte électoral, la désinformation n’a jamais été aussi dangereuse.
Sources :
https://arxiv.org/abs/2503.02857
https://fr.wikipedia.org/wiki/Désinformation
https://www.theverge.com/news/792638/sora-provides-better-control-over-videos-featuring-your-ai-self
