You are currently viewing L’impact de l’IA sur l’environnement : entre difficultés et solutions, quel bilan ?

L’intelligence artificielle, désormais centrale et prenant toujours plus de place dans notre quotidien, interroge quant à son impact environnemental. Cet impact est vaste, puisque le développement et l’utilisation de cette technologie induisent une consommation énergétique massive de ressources fossiles, mais encore le rejet excessif de gaz à effet de serre. Toutefois, son utilisation pourrait avoir des impacts positifs en permettant une gestion plus efficace des ressources. Alors comment concilier les effets paradoxaux de cette nouvelle technologie ?

Une consommation excessive

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation électrique de l’IA représente 0,03% de la consommation mondiale. De prime abord, cela semble dérisoire. Toutefois l’IA n’a de cesse de se développer et de se démocratiser chez les particuliers. Ces derniers préfèrent parfois poser leurs questions directement à ChatGPT plutôt que de passer par une recherche Google qui est pourtant 10 fois moins énergivore.
En France, l’Arcep et l’Arcom prévoient qu’en 2050, en France, ce secteur devrait provoquer 50 millions de tonnes de CO2.

Au-delà de l’énergie utilisée lors de l’utilisation même de l’IA, son développement induit nécessairement la construction de data centers et terminaux qui nécessitent une utilisation de métaux critiques (= « éléments chimiques, utilisés en très petite quantité dans l’industrie de haute-technologie, pour lesquels les risques industriels liés à un déficit de l’offre sont élevés et pour lesquels il n’y a pas de substitution possible ») très importante.
L’eau est également essentielle dans la mise en oeuvre d’une telle technologie, le refroidissement étant un impératif.

Des bénéfices à mettre en avant

Quand bien même, l’intelligence artificielle a des impacts négatifs sur l’environnement, son utilisation peut s’avérer être source de bénéfices.
Qu’il s’agisse du domaine des transports ou de l’eau, l’IA va permettre d’optimiser et de gérer les flux de manière plus efficace. L’IA peut prévoir de potentiels bouchons et conseiller les services publics quant à la fermeture de certaines voies ou la mise en place d’itinéraires bis. L’analyse des circuits d’eau peut permettre de détecter de potentielles fuites ou de contamination.

Une IA frugale, un défi envisageable ?

Pour développer une IA véritablement écologique, il est essentiel d’évaluer son bilan environnemental net. Il faut mettre en balance d’un côté les bénéfices qu’elle apporte en termes d’optimisation et d’économie des ressources, et de l’autre son propre impact écologique. Cette analyse est essentielle pour orienter le développement de l’IA vers une pratique plus responsable.

La création de data centers verts est une des solutions à la disposition des géants du secteur pour réduire leur impact écologique. Google projette que d’ici 2030, 100% de ses datacenters fonctionnent aux énergies renouvelables.
Une optimisation des algorithmes eux-mêmes est une autre solution envisageable. On parle par exemple de Tiny Machine Learning qui « propose des algorithmes conçus pour fonctionner sur des dispositifs à faible consommation d’énergie, comme les objets connectés ».
Cette réflexion environnementale devrait être pensée dès le départ, c’est-à-dire lors de la formation des ingénieurs chargés du développement algorithmique des IA. En étant davantage sensibilisés à cette question et placer l’environnement au cœur de la création de ces nouvelles technologies.

Les entreprises ne sont pas les seuls acteurs à devoir agir en ce sens, les États doivent également prendre en compte ces nouvelles difficultés qui se posent. Le Conseil économique social et environnemental, dit le CESE propose en ce sens, d’inscrire le sujet environnemental de l’IA à l’agenda international, afin de mettre en place des études sur l’impact de l’IA sur les objectifs mis en place par les Nations Unies sur le thème de l’environnement.
Les États peuvent également servir de levier dans cette cause, choisissant d’accorder ou non des financements. Ils pourraient alors, dans ce cadre, décider de soutenir, seulement, les projets d’IA frugale.

Le développement de l’intelligence artificielle est central dans un monde où le dérèglement climatique sévit. Pour que cette technologie reste bénéfique sans aggraver les problèmes environnementaux, il est crucial de privilégier des approches sobres en ressources énergétiques.

Sources :