2020 : tout se fige. Confinements, fermeture des magasins physiques non essentiels et restrictions de déplacement ont poussé des millions de consommateurs à basculer vers l’achat en ligne, parfois pour la première fois. Pour certains ? C’était une solution évidente et immédiate face au chômage partiel, à la fermeture de leur activité ou à la peur de perdre leur emploi.
Mais la réalité en est plus complexe : l’e-commerce est un secteur professionnel à part entière, avec ses propres défis et exigences.
Version une transformation numérique
Avant la crise sanitaire, en 2019, l’e-commerce dépassait déjà le seuil des 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France. La pandémie a joué un rôle d’accélérateur avec 129 milliards d’euros dépensés en ligne en 2021, ce qui représente une hausse d’environ 15% en un an selon la FEVAD.
Au-delà des chiffres, les métiers traditionnels ont dû s’ajuster à ce virage numérique : les commerciaux, responsables de magasin, communicants ou directeurs marketing ont dû intégrer le numérique à leurs missions. Les entreprises ont donc recherché des profils capables de concilier boutique physique et vente en ligne, click & collect, réseaux sociaux et service client omnicanal. Ceux qui ont réussi à se former à ces enjeux ont nettement renforcé leur employabilité, tandis que ceux qui n’ont pas su s’adapter à cette transition numérique ont accumulé du retard, ont observé une baisse de leurs ventes puis, pour certains, ont été contraints de fermer définitivement leur point de vente physique.
Cette mutation a donc créé de vrais besoins en compétences : logistique, relation client, marketing digital, data, développement web, gestion de catalogue, achat et supply chain. Autrement dit, chaque rôle est intégré à un écosystème complexe qui demande de compétences spécifiques.
L’illusion de l’e-commerce comme « refuge » professionnel
En parallèle, beaucoup ont été séduits par l’idée de créer rapidement leurs boutiques dans l’illusion d’une liberté et d’un gain à 5 chiffres : « Lance ta boutique en quelques clics », « Vis de ta passion », « Deviens ton propre patron », « Apprends à générer 10 000 euros par mois ». Une immense partie des nouveaux venus s’est précipité sur les mêmes niches visibles sur Instagram et TikTok :
- Vêtements personnalisés,
- Bijoux fantaisie,
- Bougies parfumées,
- Décoration,
- Résine,
- Objets « faits main »
Résultat : une concurrence énorme, des offres très similaires, une guerre des prix permanente et des marges écrasées.
De ce fait, non formés au marketing ni aux fondamentaux de la vente, les créateurs ont souvent pratiqué ce qu’on peut appeler un « marketing mendiant » : au lieu de prouver la valeur de leurs produits, ils demandaient aux internautes de les soutenir en consommant, misant sur la compassion pour générer des ventes.
Mais dans une période de crise, les dépenses se font en fonction des prix, de l’utile et de la qualité. La population est moins encline à acheter « par charité » pour soutenir un créateur qui supplie son audience, surtout quand leur propre pouvoir d’achat est sous tension.
Où sont réellement les opportunités ?
L’e-commerce crée des emplois, mais souvent dans les structures existantes : grandes enseignes, pure players, logisticiens, agences marketing, plateformes de paiement ou de livraison. Ces structures offrent stabilité, formation et perspectives de carrière.
Ce secteur est en forte croissance et en constante évolution, et la demande de profils qualifiés ne cesse d’augmenter. Travailler pour ces structures permet non seulement de bénéficier d’une stabilité professionnelle, mais aussi de se positionner sur un marché où les compétences numériques sont de plus en plus valorisées et recherchées, offrant ainsi un réel levier pour l’employabilité sur le long terme.
Construire son employabilité dans le e-commerce
Il faut reconnaître le courage et l’audace de ceux qui se sont lancés. Vouloir vivre de sa passion, créer sa marque et se confronter au marché demande détermination, créativité et volonté d’apprendre. Chaque initiative, même quand elle ne réussit pas, est une expérience riche d’enseignements qui peut ouvrir la voie à de nouvelles opportunités dans le e-commerce ou dans d’autres secteurs.
L’entrepreneuriat reste à la portée de tous, mais il exige une étude de marché, un business plan solide et une vision long terme, comme n’importe quelle création d’entreprise.
Le e-commerce et le numérique offrent de vraies opportunités pour ceux qui osent apprendre, se former et se lancer. Chaque expérience, même imparfaite, permet de développer des compétences et de construire un parcours durable dans un secteur en constante évolution.
Sources :
https://www.shopify.com/fr/blog/bilan-ecommerce-france
https://www.fevad.com/les-nouveaux-metiers-talents-et-competences-pour-le-ecommerce/
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8616805?sommaire=8616883
