You are currently viewing L’open data et la géolocalisation par SIM : une révolution dans l’analyse des flux
Image : SIG-Normandie

L’Open Data ou les données ouvertes, représente un mouvement en pleine expansion pour une plus grande transparence et une mise à disposition libre des données, notamment des données publiques mais aussi privées, qui permet leur réutilisation dans des objectifs d’innovation, de recherche ou de services. Dans ce cadre, les données des cartes SIM viennent à fournir des informations géolocalisables, ce qui, bien qu’elles constituent un véritable trésor d’informations, reste difficile à traiter dans un cadre d’Open Data. D’une part, il pourrait s’agir d’une mode d’accès inédit à l’information pour rendre compte des flux urbains, de la gestion des mobilités ou de l’aménagement du territoire et d’autre part, elle pose de véritables pistes de réflexion à l’égard de la vie privée et de la régulation.

Données SIM et géolocalisation : un potentiel informatif massif

La carte SIM, qui est le sigle de Subscriber Identity Module, est centrale dans le cadre du réseau mobile et permet d’identifier et d’authentifier un abonné auprès de son opérateur. À chaque interaction entre un téléphone et une antenne relais, des données de localisation sont générées à partir de la triangulation des signaux pris ou d’un point d’ancrage à l’intérieur d’une cellule mobile. Pseudonymisées et agrégées, ces données sont susceptibles de reconstituer en quasi-temps réel des flux de population en fonction des échelles géographiques.

Dans le cadre d’une démarche Open Data, des agrégats statistiques constitués à partir des données SIM offrent ainsi désormais l’opportunité de mieux comprendre la mobilité urbaine, d’anticiper les grands courants de déplacement (ex. flux domicile-travail), ou de faire face aux crises sanitaires et environnementales (ex. confinement, pollution). Les différentes collectivités et entreprises commencent à intégrer ces données au sein de leurs systèmes d’aide à la décision, ce qui témoigne de leur valeur stratégique.

Encadrer les risques : comment garantir la vie privée des utilisateurs ?

Toute exploitation de données relative à la localisation des utilisateurs emporte des enjeux cruciaux pour la vie privée. Même avec le recours à la pseudonymisation, des cas de ré-identification sont documentés, ce qui rend nécessaire la mise en œuvre de garanties strictes. Le RGPD impose ainsi les principes de minimisation, d’anonymisation poussée et de finalité claire.

Le libre accès à l’Open Data est publique et en état de tension avec ces principes qui nécessitent des dispositifs spéciaux pour ne diffuser que des données agrégées, dépersonnalisées et d’autoriser une surveillance accrue des autorités. Qui peut avoir accès à ces données, à quelles fins, et sous quelle forme engage un débat éthique sur l’équilibre entre innovation et respect des droits fondamentaux.

Imaginez la ville de demain : quels usages pour les données SIM dans le pilotage urbain ?

L’adhésion des données géolocalisées SIM à l’urbanisme de la ville intelligente permet de mutualiser les infrastructures, d’améliorer la gestion des transports en commun et d’instituer des politiques plus réactives s’appuyant sur les connaissances réelles. Par exemple, une analyse fine des flux piétonniers ou de véhicules peut permettre d’efficacement orienter les politiques urbaines et donc de réduire les embouteillages ou de préparer au mieux les services d’urgences.

Ces données facilitent également la relation entre usagers et administration, en individualisant les réponses tout en s’appuyant sur une base de données collective. Toutefois, ces usages doivent impérativement être transparents pour éviter toute forme de surveillance intrusive ou détournement commercial.

Vers un équilibre durable entre données ouvertes et respect des libertés

Le potentiel de l’Open Data à la géolocalisation par données SIM est puissant pour transformer la gestion urbaine et nourrir la recherche sur la mobilité, à condition de tracer un cadre légal sûr, d’instaurer une gouvernance vertueuse et une vigilance accrue sur la vie privée. Les acteurs publics et privés doivent collaborer pour définir des standards harmonisés permettant une exploitation responsable, qui soit moteur d’une transition numérique inclusive et respectueuse des droits des citoyens.

 

Sources:

https://www.cnil.fr

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32016R0679

https://www.institutmontaigne.org

https://opendatafrance.fr

 

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