Les défis et avancées du nucléaire en France
La France est un leader mondial du nucléaire avec plus de 26 réacteurs nucléaires répartis sur 18 centrales produisant près de 70% de l’électricité française. Cependant, depuis quelques années, le nucléaire baisse grandement dans le mix énergétique français à cause notamment de problèmes de corrosion dans les réacteurs qui ont dû être mis à l’arrêt. De plus, la construction de la dernière centrale date de 1999 et aucun autre projet n’avait été permis avant un décret d’avril 2007 qui a autorisé la construction de la centrale de Flamanville. Cette dernière, avec un budget initial de 3,3 milliards d’euros et sa date de mise en service prévue en 2012, vient seulement d’être mise en marche et aura finalement coûté près de 19,1 milliards d’euros, soit six fois plus cher.
Ce prix s’explique par plusieurs facteurs, notamment, la formation d’une main d’œuvre de soudeurs qui n’a pas été renouvelée depuis la construction de la dernière centrale, en 1999. Cette construction, qui nécessite un travail d’orfèvre, comme expliqué dans le décret : « résister à la chute accidentelle d’un aéronef ». Ce principe de sécurité à outrance fait suite à l’accident nucléaire de Fukushima en 2011 qui a poussé certains pays à faire marche arrière sur cette énergie comme l’Allemagne.
Malgré le retard et les coûts exorbitants dépensés dans ce projet, il est aujourd’hui finalisé et a fait sa première connexion au réseau électrique en décembre 2024 et prévoit une montée en puissance progressive jusqu’à l’été 2025.
Cet EPR de 3ème génération présente plusieurs avancées technologiques majeures pour la technologie nucléaire. Un des points vitaux pour la construction d’une nouvelle centrale après le désastre de Fukushima, c’est la sécurité qui a été blindée, notamment avec l’implémentation de systèmes redondants divisant par 10 les risques d’incidents, des dispositifs d’urgences pour assurer l’alimentation et le refroidissement même en cas de coupure électrique totale. De plus, un élément a fait prendre du retard au projet, c’est la mise en place d’une enveloppe de béton de 2,6 mètres d’épaisseur confinant l’uranium et le plutonium du monde extérieur en cas de fonte du cœur ou de séisme.
En outre, la performance, élément essentiel de ce projet à rendu son verdict. La puissance électrique de l’EPR est fixée à 1650MWe ce qui en fera le réacteur nucléaire le plus puissant au monde, devançant de peu ses concurrents chinois au moment où il tournera à plein régime. A titre indicatif, il permettra un rendement de 37% supérieur aux réacteurs de génération précédente produisant annuellement 13 TWh.
Ces avancées technologiques font de l’EPR de Flamanville un réacteur de pointe, considéré comme une référence en termes de sécurité, de performances opérationnelles et de compétitivité dans le domaine de l’énergie nucléaire.
L’avenir du nucléaire en Europe
La place du nucléaire en Europe fait débat entre les Etats de l’Union européenne. D’un côté, la France, fervente partisane du nucléaire accompagnée de l’alliance européenne du nucléaire regroupant 15 pays qui plaident pour une meilleure intégration dans l’Union. De l’autre côté, l’Allemagne et l’Autriche qui sont fermement opposées au nucléaire et préfèrent développer les énergies renouvelables. Un des points de bascule pour l’Allemagne qui a toujours été pro nucléaire a été l’accident nucléaire de Fukushima qui a entraîné le démantèlement des 9 centrales de Bavière. En effet, pour la chancelière Angela Merkel, il était impératif de fermer ces centrales. Dans une discussion après l’incident avec Nicolas Sarkozy président de la France à cette époque, elle dit :
Angela Merkel : Nicolas, tu n’as pas vu Fukushima ?
Nicolas Sarkozy : Mais d’où vient le tsunami en Bavière ?
Conversation donnée par Nicolas Sarkozy lors de la commission d’enquête sur la perte de souveraineté énergétique de la France.
En conséquence de ces fermetures pour prévenir un tsunami en Bavière, l’Allemagne a organisé la réouverture de nombreuses centrales à charbon qui, avec les vents dominants, envoient directement, la fumée toxique sur la France et notamment Paris.
Alors qu’en est-il aujourd’hui ? La France, avec l’ouverture de l’EPR de Flamanville, devient la deuxième puissance nucléaire au monde. Sur la période décembre 2024 – janvier 2025, elle produit 35g CO₂ₑ/KWh avec 96% de bas carbone, dont 31% de renouvelable. Le nucléaire produit près de 67,06% de l’électricité disponible en France métropolitaine quant aux énergies polluantes, 53,43% de nos émissions sont encore produites par le gaz, qui est à ce jour encore nécessaire en attendant d’allouer plus aux énergies renouvelables.
D’un autre côté, l’Allemagne, qui a choisi de faire sans le nucléaire produit la majeure partie de son électricité grâce à l’éolien, pour 57,08%, mais reste dépendante du gaz Russe et du charbon qui représentent 86,12% des émissions de CO² de l’Allemagne en matière énergétique. En conséquence, l’Allemagne rejette 234g CO₂ₑ/KWh ce qui est 9 fois plus que la France, qui reste une des énergies les plus vertes d’Europe.
Malgré des retards et des surcoûts significatifs, la mise en service de l’EPR de Flamanville marque un tournant majeur pour le nucléaire français, renforçant considérablement la sécurité et la performance énergétique du pays. Alors que l’Europe reste divisée sur la place du nucléaire dans son mix énergétique, la France, grâce à cette centrale innovante, consolide sa position de leader mondial en matière d’énergie bas carbone, contrastant fortement avec les choix énergétiques de pays voisins comme l’Allemagne, toujours dépendante des énergies fossiles.
Sources :
https://app.electricitymaps.com/zone/FR/30d
https://www.economie.gouv.fr/france-2030-plan-ambitieux-nucleaire-demain
https://legrandcontinent.eu/fr/2020/06/30/ichord-nucleaire-europe/
https://www.dailymotion.com/video/x48f7ou
https://www.youtube.com/watch?v=6GBhDsrNuIM&ab_channel=LeHuffPost
https://x.com/MacLesggy/status/1636342925863911426
Juriste en droit de l’économie numérique, spécialisé en droit de l’Union européenne et en fiscalité des entreprises. J’ai des compétences en gestion de personnel, planification stratégique, gestion des ressources humaines et optimisation des processus logistiques. Grâce à mon expertise polyvalente, je navigue efficacement dans des environnements complexes pour fournir des solutions juridiques et opérationnelles adaptées aux besoins des organisations modernes.
