You are currently viewing Les conséquences des IA génératives en période électorale

L’année 2024 sera marquée par le plus grand nombre d’élections électorales dans le monde, ce sont plus de trois milliards de personnes qui vont passer aux urnes en 2024.

Et nous voyons déjà à l’heure actuelle les dérives de l’utilisation d’IA générative envers les candidats. L’intelligence artificielle générative a connu des progrès considérables ces dernières années, bien que son utilisation ne soit pas toujours orientée de manière positive. Ainsi, un potentiel de désinformation plane sur ces élections par cette nouvelle technologie, nous sommes ainsi en route vers une prolifération des deep fakes politiques. Ces derniers reprennent l’apparence de personnalités publics politiques, qu’importe que ceux-ci soient des vidéos, photos, audio ou textes, ils sont faux et ont été conçus grâce à l’intelligence artificielle.                                  

L’intelligence artificielle s’est ainsi invitée aux dernières primaires américaines montrant qu’il est nécessaire que les pays soient de plus en plus vigilants quant à l’impact sociétal de l’IA générative. Nous sommes face à une recrudescence de faux contenus qui sèment le trouble auprès des électeurs. Ces trucages sont devenus si sophistiqués que la majorité de la population n’est plus capable de les identifier. De plus, les difficultés liées à la gestion des ressources pour la modération de contenu peuvent amener les entreprises de réseaux sociaux à ne pas parvenir à identifier et à éliminer de manière adéquate ces contenus, favorisant ainsi la propagation d’informations incorrectes.

Et c’est ce qui est notamment arrivé dans le News Hampshire puisque de nombreux votants affiliés au Parti démocrate ont reçu un étrange appel de Joe Biden en personne, qui les incitait à faire l’impasse sur le vote crucial de ce mardi 23 janvier 2024. “C’est très important que vous gardiez votre vote pour les élections de novembre. Voter ce mardi ne ferait qu’aider les républicains dans leur quête de réélire Donald Trump”, expliquait-il. Bien évidemment, ce message audio n’était en aucun cas un vrai message du Président Biden. Un deepfake audio, particulièrement convaincant établi sans aucun doute par un opposant du groupe des démocrates. 

Ce message audio a été pris très au sérieux puisque le service de la maison blanche a immédiatement démenti cet audio.  Le démenti de cette dernière est arrivé assez rapidement permettant ainsi aux électeurs trompés d’avoir suffisamment de temps pour exercer leur droit de vote. Néanmoins, il reste possible que cette manipulation en ligne ait influencée certains individus, en particulier parmi les personnes âgées qui pourraient ne pas avoir eu connaissance du démenti. Cet audio valide les craintes des garants de ces élections, et montre de manière alarmante comment ces nouveaux outils technologiques peuvent nuire au processus démocratique.

Par ailleurs, l’Inde, le deuxième pays le plus peuplé au monde, tiendra également des élections générales au cours desquelles plus de 1 300 000 000 citoyens exerceront leur droit de vote pour élire leurs représentants locaux et les membres des deux chambres du parlement national. Or, dans cette puissance émergente l’accès à l’information est plus compliqué, ce qui pourrait favoriser l’impact d’un Deepfake viral envers ces candidats et ainsi tronquer ces élections. Outre l’Inde et les Etats-Unis, France Info rapporte également qu’il y aura des scrutins déterminants dans l’équilibre géopolitique mondial comme en Grande-Bretagne ou encore en Russie. En comptant également les élections européennes de juin, cela fait 77 pays au total qui sont concernés.

Mais alors, que faire pour limiter ces Deepfakes en période électorale? 

Pour contrer la menace et le pouvoir des plateformes de réseaux sociaux de diffusion de fausses informations, l’UE a introduit sa législation numérique phare, le règlement sur les services numériques (Digital Service Act, DSA). Cette loi vise à obliger les plateformes de réseaux sociaux à lutter contre la désinformation à caractère politique, les discours haineux et les tactiques de manipulation visant à fausser les résultats des élections, afin de protéger les droits individuels et les groupes vulnérables, tels que les mineurs. Enfin, la société Open AI (créatrice de Chat GPT) affirme mettre en place des outils de traçage, des marqueurs numériques secrets, pour identifier les contenus manipulés.

Pour autant, rien à l’heure actuelle ne peut réellement contrer ces deepfakes si ce n’est informer la population.     À nous, aujourd’hui, d’être davantage critique envers les informations pouvant apparaître sur les réseaux sociaux et surtout dans nos boites mails et messagerie de téléphone. 

Sources 

https://www.euractiv.fr/section/plateformes/news/ia-et-deepfakes-une-menace-pour-les-prochaines-elections-selon-les-citoyens-de-lue/

https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/un-faux-joe-biden-genere-par-l-ia-inquiete-en-pleine-campagne-presidentielle-americaine_AV-202401230461.html

https://www.usine-digitale.fr/article/ia-generative-deep-fakes-un-potentiel-de-desinformation-qui-inquiete-pour-les-elections.N2206907