L’application Elyze, communément appelée le « Tinder » présidentiel
Il est bien connu que les jeunes s’intéressent, du moins pour une partie, de moins en moins aux élections présidentielles ou à la politique dans son ensemble. C’est la raison pour laquelle, deux jeunes hommes fraîchement diplômés ont créé l’application Elyze.
Une application ayant pour but de faire renaître une appétence politique aux jeunes Français
L’institut français de l’opinion publique (IFOP) a fait un constat sans appel. D’après un sondage qu’il a entrepris en fin d’année 2021, 39 % des jeunes ayant entre 18 et 30 ans reconnaissent être intéressés par les élections de 2022. À contrario, 61 % ne le sont pas. De plus, 59 % déclarent avoir l’intention, de potentiellement, s’abstenir lors du premier tour des présidentielles. Ayant l’ambition de changer la tendance, l’application Elyze a été mise en place en janvier 2022. D’utilisation assez simple, cette application reprend les divers programmes des candidats se présentant aux présidentielles 2022. En activant Elyze, diverses questions vous seront posées sur vos préférences quant aux sujets climatiques, industrielles, de santé ou encore sociétaux. Le but étant de répondre au plus grand nombre de questions afin que l’algorithme de l’application puisse, vous montrez vers quels candidats vous vous orientez. Malgré la bonne volonté de ces deux entrepreneurs, la sécurité et la protection des données n’étaient pas au goût du jour au sein de leur application.
Une application controversée ne respectant pas la protection des données désirée par le RGPD
Au début du lancement d’Elyze, cette dernière s’est vu faire face à de nombreuses accusations concernant la sécurisation des données des utilisateurs. En effet, l’application collecte des données personnelles concernant l’identité des utilisateurs (nom, prénom, adresse mail, etc.). Néanmoins, elles ne sont pas une condition sine qua non à son usage. L’usager peut aisément passer cette étape sans fournir aucune information le concernant. De plus, Elyze collecte celles relatives à leurs opinions politiques. Ces dernières sont des données sensibles et requièrent une protection et des garanties accrues. Quelques semaines après le lancement et au vu des inquiétudes soulevées, la CNIL s’est penchée sur le cas d’Elyze à des fins d’enquête sur la protection des données collectées. Elle a mentionné que « la collecte de ces données est par principe interdite, sauf exception, par exemple si le consentement explicite des personnes est recueilli ».
De plus, d’autres préoccupations ont été évoquées telles que le choix de l’hébergeur des données puisque la plateforme utilise Amazon Web Services. Étant un hébergeur américain, et du fait que le Privacy Shield ait été invalidé, cela pose un problème juridique quant aux transferts des données.
Par ailleurs, certaines failles techniques ont été trouvées au sein de l’application. Ces dernières ont permis à un expert en programmation de simuler un piratage afin d’accéder aux bases de données d’Elyze. Une fois au sein de cette base, il avait la possibilité « accéder et modifier, ajouter ou supprimer des propositions de candidats sur le serveur central. ».
Suite à cela, les deux fondateurs ont pris la décision de supprimer toutes les données précédemment collectées et de mettre à disposition du public, le code de l’application en open source.
Sources :
- https://www.clubic.com/application-mobile/actualite-405213-l-app-elyze-devient-open-source-et-supprime-l-ensemble-des-donnees-amassees.html
- https://www.usine-digitale.fr/article/face-aux-accusations-l-application-elyze-supprime-les-donnees-personnelles-de-ses-utilisateurs.N1774537
- https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/presidentielle-cinq-choses-a-savoir-sur-elyze-lappli-qui-cartonne-1380273
- https://www.flaticon.com/premium-icon/hacker_3540784?term=hacker&page=1&position=5&page=1&position=5&related_id=3540784&origin=search
