Imaginez un monde où le divertissement deviendrait le fruit de votre imagination : une soirée film d’horreur ? Demandez-la à votre compagnon IA. Besoin de vous défouler sur un jeu de baston ? Une simple invite, et en quelques secondes, l’aventure commence. Enfin, un exposé à préparer pour le lendemain ? Pas de souci : demandez simplement : « Prépare-moi un reportage sur le XIXe siècle » et installez-vous dans votre canapé.
Il y a moins de cinq ans, personne n’aurait imaginé une telle possibilité. Pourtant, l’IA la rend aujourd’hui possible. C’est même devenu un objectif clair pour certains géants de l’IA générative, comme Genie de Google, qui permet déjà de créer des environnements entièrement interactifs. Une ambition que le géant américain assume pleinement.
Mais qu’en est-il des métiers du divertissement ?
Certains redoutent à long terme, la disparition de nombreux métiers du secteur, toutefois cette crainte même si fondée peut être relativisée. En effet, même si l’IA est un outil puissant, celle-ci ne fait que de répéter des choses qu’elle a apprise dans son immense base de données selon un calcul de probabilité bien rodé qui lui permet de répondre à nos requêtes de manière naturelle et cohérente.
Ainsi, bien que le contenu généré par celle-ci soit crédible il n’est en aucun cas original contrairement à cet article (je ne suis pas une IA vous l’aurez compris).
La créativité demeurant un privilège humain, la plupart des métiers du divertissement ne devraient donc pas en souffrir l’IA pourrait même leur servir de levier, pour laisser libre cours à leur créativité, en leur libérant un temps précieux. Il ne faut donc pas s’en faire le cinéma d’auteur, les jeux vidéo ou encore les différents métiers de l’industrie musicale ont encore de beaux jours devant eux. En revanche ce n’est pas forcément le cas des mauvaises productions qui devraient très vite souffrir d’une concurrence sérieuse…
Quels sont les enjeux juridiques d’une telle utilisation de l’IA ?
Ainsi, même si les métiers du divertissement peuvent nous sembler épargnés, l’utilisation de l’IA sans précaution peut entraîner des conséquences lourdes en matière de propriété intellectuelle. Car oui, une œuvre, pour être protégée par le droit d’auteur, doit respecter quelques règles de base. D’abord, elle doit provenir d’un esprit humain et non d’un algorithme, aussi performant soit-il. Et c’est là que le bât blesse : si personne ne conteste que l’IA ne fonctionne pas au hasard (ses productions sont le fruit de calculs de probabilité bien huilés), tout le monde s’accorde aussi à dire qu’elle ne « réfléchit » pas comme un humain. Résultat ? Une œuvre entièrement générée par une IA ne peut pas être protégée par le droit d’auteur. Pour que ce soit le cas, il faut une intervention humaine significative une retouche, une sélection créative, une touche personnelle qui transforme le résultat brut de l’IA en une véritable création.
Pour qu’une œuvre soit protégée, elle doit être originale, c’est-à-dire porter la marque de son auteur. Or l’IA, ne fait que puiser dans une base de données colossale pour produire des contenus qui, bien que crédibles, ne sont jamais vraiment « nouveaux ». L’appréciation de l’originalité ne se fait pas en comparant les différences entre deux œuvres, mais en cherchant leurs points communs. Et c’est là que les ennuis commencent : un contenu généré par l’IA peut, sans le vouloir, plagier une œuvre existante. Imaginez un scénario de film ou une mélodie qui ressemble étrangement à quelque chose de déjà protégé… sans qu’aucun humain n’ait délibérément copié. Qui est responsable ? L’utilisateur ? Le développeur de l’IA ? Personne ? Pour le moment personne n’a tranché… peut-être devrait-on le demander à ChatGPT.
L’IA : une révolution dans notre façon de consommer le divertissement
Si l’IA ne menace pas directement la créativité humaine, elle est en train de redéfinir radicalement notre rapport au divertissement. Avec des outils comme Genie de Google ou Sora d’OpenAI, le divertissement devient instantané, personnalisé et presque illimité.
Une expérience unique… mais solitaire Aujourd’hui, une série à succès ou un jeu vidéo populaire crée des moments partagés, des discussions, une culture commune. Mais demain, si chacun consomme des contenus uniquement adaptés à ses goûts, que restera-t-il de ces expériences collectives ? Le divertissement risque de devenir une affaire individuelle, où les échanges autour d’une même œuvre deviendront rares.
Plus de choix, mais moins de sens ? L’IA permet de générer du contenu à la demande, sans limite et sans effort. Le danger ? Une surconsommation où l’on passe son temps à zapper d’une expérience à l’autre, sans jamais vraiment s’engager ou créer soi-même. Le divertissement pourrait perdre ce qui en fait sa magie : l’émotion partagée, la surprise, et même… l’ennui qui pousse à imaginer.
L’IA ne remplacera pas la magie du divertissement… mais elle en réécrira les règles.
À nous de décider si cette révolution nous isole où nous inspire. Le spectacle ne fait que commencer.
Sources :
https://www.numerama.com/tech/2047815-google-frappe-un-grand-coup-genie-3-genere-des-mondes-interactifs-en-temps-reel-a-partir-dun-simple-prompt.html
https://www.forbes.fr/technologie/openai-lance-sora-une-revolution-dans-la-generation-de-videos-par-ia/
https://www.cisac.org/fr/Actus-Media/news-releases/une-etude-economique-mondiale-etablit-que-lia-generative-menace-lavenir
https://www.village-justice.com/articles/droit-auteur-qui-est-auteur,49508.html
https://www.snowflake.com/fr/blog/advertising-media-entertainment-data-ai-predictions-2024/
Curieux par nature, j’explore l’impact des nouvelles technologies (IA, blockchain, etc.) en matière de droit et dans notre quotidien. Objectif ? Rendre le numérique accessible à tous même papy et mamie !
