You are currently viewing L’IA sur le banc des accusés, devra-t-elle plaider coupable d’avoir mis les avocats au chômage ?

Ces dernières années ont été marquées par le boum de l’intelligence artificielle générative et des chatbot conversationnels. Ces innovations redessinent les contours de notre quotidien et impacte de nombreux domaines comme le secteur juridique. Hier, nous avions besoin d’un avocat ou juriste expérimenté pour répondre à nos questions et nous aider à protéger nos droits. Aujourd’hui, il nous suffit de faire appel à un chatbot pour avoir la réponse à nos questions et connaitre la procédure à suivre.

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Les avancées actuelles de l’IA dans le domaine juridique :  

Aujourd’hui, l’IA se concentre sur 3 secteurs juridiques :

– La recherche et l’accès à l’information juridique

– L’audit et la gestion des contrats

– L’évaluation du risque judiciaire

De nombreux chatbot juridiques visant à délivrer des informations juridiques ont d’ailleurs vu le jour Juribot, LegiGPT, Ordalie.tech,… L’objectif de ces chatbot est de permettre à n’importe quel individu de connaitre ses droits et les démarches à suivre pour les défendre.

La startup BotnationAI indique que l’objectif d’un legalbot (chatbot juridique) est de faire gagner du temps aux entreprises afin de désencombrer leur service juridique ou les cabinets d’avocats qu’elle emploie. En effet, grâce à ces IA, les juristes pourront se concentrer sur les questions et problèmes les plus importants qui ne peuvent pas être traités par l’IA.

De plus, l’IA traite les informations de manière plus rapide et efficace que les humains. Un contrat peut être obtenu en quelques secondes contre plusieurs heures ou journées si l’on passe par un avocat.

Enfin, l’IA est nettement moins coûteuse qu’un avocat. Cependant, cette innovation bat de l’aile dans de nombreux aspects de la profession d’avocat.

Les limites de l’IA dans le domaine juridique :

En demandant à Chatgpt si l’IA pouvait remplacer les avocats, la réponse a été catégorique : non. Pour ChatGPT un avocat doit négotier, représenter ses clients, prendre des décisions éthiques et comprendre les émotions humaines, ce que l’IA ne peut pas faire. J’ai posé la même question a Juribot, un des chatbot spécialisés dans le droit, sa réponse est similaire.

Il est vrai que l’IA traite rapidement les informations mais ne saisit pas forcément les nuances des différentes affaires et invente parfois certaines jurisprudences. Un avocat américain en a fait les frais après avoir utilisé l’IA pour rédiger ces conclusions dans lesquelles il invoquait six cas pour étayer ses arguments. Le juge l’a repris car aucune des jurisprudences invoquées n’existaient, elles avaient été inventées par ChatGPT. Le media américain The Verge précise que le chatbot avait par exemple mentionné une affaire “Varghese vs. China Southern Airlines Co. Ltd.” qui n’existait pas en réalité et semblait se référer aux faits d’une affaire réelle nommée “Zicherman vs. Korean Air Lines Co. Ltd.”parue 12 ans après l’affaire factice inventée par ChatGPT.

La compréhension partielle du droit par l’IA a également été illustrée lors de la première étape de l’examen du barreau Luxembourgeois lorsque l’exercice proposé en droit commercial était de corriger et compléter si nécessaire les affirmations faites par chatgpt. Certaines affirmations développées par l’IA étaient fausses.

Pour le moment, l’IA ne peut donc pas remplacer les avocats mais elle peut leur permettre d’améliorer la qualité de leurs services car il se concentreront sur les enjeux les plus importants. Les avocats ne doivent toutefois pas sous-estimer le potentiel de l’intelligence artificielle et doivent continuer à se former continuellement afin d’être à jour sur les différentes évolutions législatives. Il est même mieux qu’ils utilisent l’IA pour compléter leurs connaissances en devenant le juriste de demain, un juriste ‘augmenté’.  

 

SOURCES :

A propos de Venise CORNET

Inscrite à l'examen des cours complémentaires en droit luxembourgeois (CCDL) et étudiante en Master 2 en Droit de l'Économie numérique à l'Université de Strasbourg, je suis déterminée à mettre en œuvre mon expertise en droit numérique et propriété intellectuelle au sein d'équipes juridiques innovantes.

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