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La question d’un euro numérique se pose de plus en plus aujourd’hui, suite au développement rapide des crypto-monnaies et encore plus si l’on part du constat suite à la crise sanitaire du covid-19 qui a donné un coup d’élan à la numérisation de l’économie. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé en juillet 2021 son intention de lancer le prototype d'un euro numérique d’ici octobre 2021 à 2023, période durant laquelle, il sera en phase d’étude pendant 2 ans.
• Qu’entendre par numérisation de l’euro ?
L’euro numérique est annoncé comme une nouvelle forme de monnaie plus sûre. On comprend alors que le paiement s’effectuera via une monnaie électronique évidemment adossée à l’euro mais également attachée à une banque centrale. Son fonctionnement et sa forme restent encore flous.
La BCE est claire, ce projet a pour seul but d’évoluer parallèlement à l’euro tel que l’on connaît sous la forme de monnaie fiduciaire. On souhaite avant tout préserver l’unité monétaire de base. L’euro numérique est conçu pour être complémentaire à la monnaie fiduciaire et concurrent aux crypto-monnaies. La BCE a souhaité se mettre à la page -peut-être- tardivement, dans un monde qui évolue sans cesse et qui se numérise.
Pour approfondir : https://www.ecb.europa.eu/paym/digital_euro/html/index.fr.html
• Quel est concrètement son intérêt ?
Tout comme les cryptomonnaies, le recours à un euro numérique va permettre de nombreuses économies d’échelle que ce soit pour les banques ou pour les usagers ; réduction des frais pour les transactions, du temps pour les transferts (on parle alors de transactions instantanées).
En d’autres termes, cette nouvelle monnaie tend à être attractive pour les futurs utilisateurs : elle pourrait être utilisée pour faire des virements ou encore régler des achats en ligne par exemple. Finalement, n’est-ce pas un moyen que nous utilisons déjà avec nos téléphones lors d’achats en ligne ?
Si l’on se place d’un point de vue des gouvernements, ces derniers auront une plus grande maîtrise sur des aspects de l’économie qu’ils ne maîtrisaient pas. Par exemple, ils pourront récupérer plus facilement la TVA, lutter contre le travail au noir.
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• Des limites ?
Malgré les nombreux avantages de l’euro numérique, celui-ci est confronté à différentes problématiques telles que la protection des données personnelles.
En effet, les crypto-monnaies, de par leur fonctionnement, utilisent la technologie blockchain et rendent ainsi visibles et traçables toutes les transactions effectuées. Cependant, afin d’être conforme, la BCE avec son euro digital ne peut aller à l’encontre de la réglementation en vigueur sur la préservation des données à caractère personnel (RGPD). 
Une autre problématique peut être soulevée : la traçabilité. On l’a vu, l’e-yuan chinois a suscité pour nous européens quelques inquiétudes. Grâce à cette monnaie numérique, le gouvernement chinois a ainsi accès à toutes les données concernant les transactions effectuées par les utilisateurs chinois. Ces informations pourraient alors être utilisées à des fins commerciales par le gouvernement.
L’euro numérique devra impérativement résoudre cette question de conformité.
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Euro numérique et fraude ?
Tout comme les crypto-monnaies, l’euro numérique pourrait être sujet à des tentatives de fraudes. Il s’avère que la BCE veillera au travers d’une conformité en matière de lutte contre le blanchiment, lutte contre le terrorisme (notamment grâce à des process AML et KYC), à ce qu’il n’y ait pas de transactions illicites, ni de fraude fiscale.
• Le mot de la fin
Pour conclure, la BCE a tenté d’apporter avec son euro numérique, un nouveau cadre fiable rassurant sur la question du traitement des données, et stable, sur les inquiétudes quant à la fluctuation de la valeur de la monnaie.
L’avenir de l’euro numérique sera décidé à l’issue de cette phase de 2 ans d’étude en 2023. Il faudra donc être au rendez-vous.
Par Léonie Zaegel
