La génération Z, regroupant les jeunes nés généralement entre 1997 et 2012, a grandi en parallèle avec l’évolution des technologies numériques. En raison de leur aisance avec le numérique en général, leur familiarité avec l’IA était pensée être naturelle, mais les données démontrent une réalité plus nuancée. Ceci est l’une des principales conclusions du rapport d’EY intitulé « How can we upskill Gen Z as fast as we train AI » (Comment pouvons-nous former la génération Z aussi vite que nous formons l’IA ?) réalisée par Microsoft et TeachAI.
Une génération connectée mais hésitante
Il est évident qu’aujourd’hui, plus de la moitié des jeunes entre 18 et 24 ans utilisent régulièrement des outils d’IA pour rédiger des textes, créer des images, monter vidéos, etc.).
L’étude d’EY en question analyse les réponses de 5000 jeunes de 16 différents pays et a comme objectif d’évaluer la perception de la génération Z en vue de ses propres compétences en matière d’IA.
D’après les résultats, bien que la génération Z comprenne les usages pratiques de l’IA, elle surestime ses compétences en matière d’utilisation et d’évaluation critique de ses capacités et de ses limites.
L’étude a révélé trois différentes catégories d’utilisateurs d’IA :
🡪Les utilisateurs variés (61%) : utilisant l’IA en fonction de leurs besoins personnels ou professionnels
🡪Les super utilisateurs (15%) : utilisant l’IA avec une fréquence élevée et des connaissances spécialisées.
🡪Les retardataires (24%) : utilisant l’IA rarement ou pas du tout.
Malgré leur familiarité apparente avec ces outils, seuls 56% des jeunes ont déclaré pouvoir composer de prompts de manière efficace, tandis que 44% seulement pensent pouvoir reconnaitre lorsque l’IA fournit des informations incorrectes ou fausses.
Bénéfices et inquiétudes
La génération Z reconnait les bénéfices de l’IA comme l’augmentation de la productivité, la réduction des erreurs et l’aide à l’analyse de grandes quantités de données. Ils voient surement dans l’IA un levier d’efficacité tant dans leur vie personnelle que professionnelle.
Cependant, certains s’inquiètent de ses impacts sociaux et éthiques, tels que le chômage, la perte de créativité et la diffusion de fausses informations. Les principales craintes exprimées concernent :
- La santé mentale des jeunes
Une des principales craintes concernant l’impact de l’IA aux jeunes concerne leur santé mentale. Plus de la moitié des jeunes sont conscients que l’IA peut leur créer une relation de dépendance avec ces outils et de cette manière provoquer une forme d’addiction. Par ailleurs, de nombreux jeunes trouvent leur refuge dans des outils d’IA conversationnels en pensant que ces derniers peuvent les aider à lutter contre la solitude et être présents constamment. Cette relation, bien que parfois utile, soulève des questions sur l’isolement sociale et la nécessité d’interactions humaines authentiques.
- Le marché du travail
Il est aussi inévitable que les jeunes se préoccupent de l’impact de l’IA sur le marché de travail. Une étude appelée « #MoiJeune » de 20 Minutes et Opinion War a montré qu’un pourcentage de 68% des jeunes français pensent qu’ils perdront leur emploi à cause de l’IA. Cependant, cette inquiétude est suivie par une vision plus optimiste avec un important pourcentage de 74% de ces jeunes, qui considèrent que l’IA correspond à un outil permettant de les libérer de tâches répétitives et leur donner l’opportunité de se concentrer sur des missions plus pratiques, créatives et valorisantes.
La génération Z entretient une relation ambivalente avec l’IA étant en même temps curieuse, enthousiaste mais aussi inquiète. L’étude d’EY souligne le besoin d’une meilleure formation des jeunes face à tous ces outils d’IA, notamment en ce qui concerne leur esprit critique mais aussi la responsabilité éthique. Afin de permettre aux jeunes de tirer bénéfice de toutes ces technologies sans effets négatifs, un investissement dans leur éducation est inévitable.
Sources :
Etudiante en Master 2 Droit de l’économie numérique (2024-2025).

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