
Quand on observe la Chine d’aujourd’hui, il est difficile de ne pas être impressionné par sa modernisation fulgurante. Drones, voitures électriques, intelligence artificielle, blockchain, économie numérique, plateformes de services ultra-rapides… Sans oublier des infrastructures massives : aéroports géants, réseau ferroviaire à grande vitesse, autoroutes et métros dans toutes les grandes villes. À première vue, tout cela semble témoigner d’un pays pleinement développé.
Une transformation spectaculaire en trois décennies
Il y a trente ans, la Chine n’avait rien de comparable. La majorité des tâches étaient encore effectuées à la main, les déplacements étaient limités, et très peu de gens pouvaient traverser leur propre ville. Moins de 1 % de la population avait accès à Internet. Aujourd’hui, tout est numérisé : paiements, services, loisirs, transports. Voyager d’un bout du pays à l’autre se fait en quelques heures et à moindre coût.
Les drones remplacent les feux d’artifice lors des célébrations, arrosent les cultures, surveillent les forêts. Les personnes âgées peuvent faire leurs courses sans sortir de chez elles : quelques clics, une heure d’attente, et les produits sont livrés à la porte. On vit une révolution du quotidien. Tout cela ne serait-il pas la preuve que la Chine est bel et bien un pays développé ?
Des disparités encore profondes
Et pourtant, le tableau n’est pas si simple. Environ 600 millions de Chinois vivent avec un revenu mensuel inférieur à 130 euros. Malgré la deuxième place de la Chine dans le classement mondial des économies, de vastes régions — notamment dans l’Ouest — restent peu touchées par le développement numérique ou les infrastructures modernes.
Pourquoi l’État continue-t-il de développer l’intelligence artificielle ou le cloud computing dans l’éducation et la santé ? Parce que l’accès égalitaire aux soins et à l’enseignement reste très inégal. Dans de nombreuses régions, seuls les citadins fortunés ou disposant d’assurances privées peuvent éviter les longues files d’attente à l’hôpital. Quant à l’éducation, elle repose sur des concours ultra-sélectifs, vécus comme une période éprouvante dans la vie des jeunes.
Et même les technologies les plus impressionnantes — trains à grande vitesse, avions de ligne, véhicules électriques — reposent souvent sur des savoir-faire étrangers. Les trains chinois dérivent des TGV français, de l’ICE allemand ou du Shinkansen japonais. Les composants clés des avions commerciaux viennent de fournisseurs comme Safran. L’industrie automobile a explosé après l’arrivée de Tesla.
Un pays en transition, pas encore arrivé
La Chine affiche une vitrine technologique brillante, mais cache encore de profondes inégalités. Une grande partie de la population vit dans la précarité, et de nombreux secteurs industriels restent dépendants des pays développés. En résumé : la Chine progresse vite, mais elle n’est pas encore tout à fait un pays développé.
