Ces dernières années ont été marquées par une grande attention médiatique autour de l’IA avec notamment le lancement de Chatgpt et d’autres IA génératives, ainsi que l’émergence de deepfakes musicaux et d’autres reprises créées par des IA. La reprise de la chanson « Saiyan » en est l’exemple le plus retentissant puisqu’on y entend Angèle sans qu’elle ne l’ait enregistrée. Sa voix à en effet été imitée grâce à l’IA avec une précision qu’on aurait du mal à différencier de la sienne. Aujourd’hui, l’IA s’impose dans la musique comme dans de nombreux domaines de la création.
Une démocratisation de la création musicale
Dans les coulisses de l’industrie musicale, une véritable révolution est en marche. L’IA s’immisce progressivement dans le processus créatif, en définissant la manière dont la musique est conçue, produite et même consommée. L’une des facettes, la plus marquante de cette révolution, est la démocratisation de la création musicale. De nombreux outils basés sur l’IA voient le jour, tels que Suno.ai, AIVA ou encore Amper Music qui permettent à des individus sans formation musicale de composer des morceaux de qualités professionnelles, ce qui bouleverse totalement le paysage créatif.
Une étude réalisée par la SACEM et son homologue allemand révèle que 35 % des auteurs de musique ont déjà utilisé l’IA dans leurs processus de création musicale et cette statistique s’élève même à 51 % chez les artistes de moins de 35 ans. Cette donnée témoigne de l’adoption rapide de ces outils par la nouvelle génération d’artistes qui les utilisent pour accroître leurs créativité. Durant ces derniers mois, on a pu voir plusieurs chanteurs s’amuser de ces créations générées par l’IA, allant même pour certains jusqu’à les interpréter sur scène comme ce fut le cas de la chanteuse Angèle a la fête de l’Huma.
On assiste également à une véritable expansion du marché des outils de création musicale par l’IA. Selon la SACEM, le marché des IA génératives de musique devrait atteindre plus de 3 milliards de dollars d’ici 2028, ce qui souligne l’importance croissante de ces technologies dans l’univers de la musique.
L’IA vu comme un collaborateur créatif
Aujourd’hui, l’IA ne se contente pas de faciliter la création musicale pour les novices, l’IA devient également un collaborateur précieux. Des outils d’IA soutiennent les compositeurs en suggérant des progression d’accord, en générant des mélodies ou des arrangements inédits. Ça permet aux artistes de découvrir de nouvelles choses qu’ils n’auraient peut-être pas découvert autrement. L’IA peut aussi analyser des milliers de morceaux pour identifier les différentes tendances et styles, et offre donc aux compositeurs une source d’inspiration basée sur des données massives.
La France fait figure de précurseur dans le domaine puisqu’en 2019, le compositeur français Benoît Carré a réalisé un album (« Hello World ») entier en utilisant l’IA SKYGGE. Le compositeur français a travaillé en collaboration avec des chercheurs pour développer SKYGGE et l’entraîner à générer des sons et des rythmes électroniques en s’inspirant de musique électronique comme la techno, l’Acid house. Cette IA a donc été programmée pour générer des parties instrumentales et des mélodies en fonction des instructions du compositeur.
L’utilisation de l’IA dans la musique offre des opportunités intéressantes pour les musiciens ainsi que pour l’industrie musicale. Malgré tout, il faut garder en tête que la création musicale est un processus artistique qui semble difficile à automatiser complètement. Et il faut aussi se rappeler que l’exploitation d’IA dans la création de musique soulève aussi des questions au niveau de la propriété intellectuelle et du niveau des droits d’auteur.
Sources :
https://bigmedia.bpifrance.fr/nos-dossiers/intelligence-artificielle-et-musique-une-revolution
