You are currently viewing Blanchiment d’argent – la Face cachée du marché de la NFT
https://nftnewstoday.com/2022/05/01/nft-market-set-to-process-around-800-billion-over-two-years/

Apparus récemment sur le marché, les NFT ont aujourd’hui conquis le grand public, souvent associés à des images numériques sans qu’elles soient vraiment comprises. Décryptons l’acronyme NFT  (Non Fongible Token) afin de mieux comprendre. Le terme “token” indique que le NFT réside sur une blockchain, tandis que “non fongible” souligne son caractère unique, doté d’un identifiant propre. Deux NFT ne sauraient être identiques ou interchangeables. Posséder un NFT confère les droits de propriété d’un bien numérique (une œuvre d’art numérique, par exemple) ou physique.

Le marché du NFT a connu un essor impressionnant durant l’été 2021, pour atteindre son apogée en janvier 2022 avec un marché d’une valeur de 5,36 milliards de dollars. Considéré à l’époque comme une révolution, le marché s’est effondré à la fin de l’année 2022, pour atteindre une valeur de 240 millions en septembre 2023. On assiste néanmoins à une petite recrudescence du marché depuis mars 2024 avec un marché d’une valeur de 800 millions.

Cependant, cette recrudescence est due à un retour à la mode du NFT ou à autre chose ?

Le trésor public américain a dressé un rapport le 30 mai 2024 estimant que le marché du NFT dissimule une criminalité financière, notamment le blanchiment d’argent. Le rapport dresse d’autres infractions notamment le scam ou la fraude mais on va s’intéresser uniquement au blanchiment d’argent.

Concrètement comment le criminel va blanchir de l’argent grâce au marché du NFT ?

Tout d’abord, on va définir le blanchiment d’argent issu de l’article 324-1 du code pénal. Il s’agit d’une méthode frauduleuse consistant à cacher la provenance d’une somme d’argent acquise illégalement en réinvestissant dans une activité légale.

On va introduire des fonds en provenance d’actes litigieux dans le marché financier légal, en le dissimulant et ensuite de l’intégrer dans les circuits légaux. La NFT va permettre de créer cette dissimulation.

Avant tout, le criminel va se procurer plusieurs plateformes NFT afin de réaliser de l’auto-blanchiment. Après s’être procuré plusieurs plateformes, il va acheter une NFT avec des fonds illégaux et la vendre à lui-même en utilisant un autre portefeuille numérique afin de créer un acte de vente dans la blockchain. Cet acte de vente permet donc de faire entrer cet « argent sale » dans le marché légal et de le rendre propre.

Le criminel ne va pas forcément chercher à récupérer la même somme qu’il a investi, en effet, il va privilégier la rapidité au profit, en vendant ou en achetant à perte. Cette rapidité va permettre de compliquer l’analyse de la blockchain et des traceurs de transaction.

Comment cette activité illégale est permise par les plateformes NFT ?

On ne peut sous-estimer l’implication de ces plateformes NFT dans la commission de ces crimes financiers. En effet, certaines plateformes NFT permettent une anonymisation totale des criminels. Elles ne vont pas demander d’informations sur son identité pour ouvrir un compte sur leur plateforme NFT

De plus, ces plateformes NFT ne sont pas soumises aux obligations concernant la lutte contre le blanchiment d’argent ou la lutte contre le financement du terrorisme. Elles n’apportent donc pas des mesures de sécurités adéquates pour lutter contre le blanchiment d’argent.

En plus des plateformes, certaines entreprises vont même faciliter la commission du blanchiment d’argent par la mise en place d’outils publics. Ces services appelés mixers vont anonymiser les transactions, qui sont en principe traçables. On peut prendre l’exemple de l’entreprise Tornado Cash, ce service permettait l’anonymat des transactions de cryptomonnaie. Alexey Pertsev, cofondateur de la société Tornado Cash, a été condamné pour blanchiment d’argent.

Afin de répondre à cette problématique du blanchiment d’argent et de conserver la nature propre de la blockchain. L’enjeu crucial réside dans la conciliation entre la préservation de l’anonymat des transactions en cryptomonnaie, garante de la liberté de la blockchain, et la nécessité de lutter contre le blanchiment d’argent. Faut-il sacrifier la liberté individuelle au profit d’une surveillance accrue, ou existe-t-il un moyen de concilier les deux ?

Si on souhaite lutter efficacement contre le blanchiment d’argent, il s’avère nécessaire de priver toute anonymisation des transactions de cryptomonnaie. Il est judicieux de sensibiliser rapidement ces plateformes NFT aux exigences de la lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme.

Même si l’utilisation des NFT pour le financement du terrorisme demeure peu répandue actuellement, son essor potentiel dans les années à venir est préoccupant, compte tenu de la facilité et de la rapidité des transactions transfrontalières que les NFT permettent.

Un cofondateur de Tornado Cash a été condamné pour blanchiment d’argent aux Pays-Bas (rudebaguette.com)

Illicit-Finance-Risk-Assessment-of-Non-Fungible-Tokens.pdf (treasury.gov)

Treasury Releases First Ever Non-fungible Token Illicit Finance Risk Assessment | U.S. Department of the Treasury

NFT : nos explications pour tout comprendre en quelques minutes (cryptoast.fr)

A propos de Antoine LAROSA

https://www.linkedin.com/in/antoine-larosa-3910281a1/ Étudiant en Master 2 Droit de l'Économie du Numérique

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