You are currently viewing Taylor Swift et les deep fakes : Les enjeux de la manipulation numérique

L’essor de la technologie “deep fake” suscite une préoccupation croissante et alimente un débat sur les implications éthiques, légales et culturelles de son utilisation. Un exemple emblématique illustrant ces préoccupations est l’implication de la célèbre artiste pop Taylor Swift. Cependant, le problème soulevé par Taylor Swift n’est pas nouveau. La pornographie générée par IA, alimentée par le machisme, inonde Internet, et Taylor Swift est la dernière victime de haut profil en date. Cet incident met en lumière le défi significatif de lutter contre la pornographie “deep fake” et les images générées par IA mettant en scène des personnes réelles.

Le cas de Taylor Swift : Une illustration poignante des risques

Suite à la diffusion des images, la recherche du terme “Taylor Swift IA” était en tendance dans plusieurs régions, avec une publication atteignant plus de 45 millions de vues avant d’être finalement retirée de la plateforme “X”. Cet incident soulève la nécessité de réfléchir aux impacts de telles manipulations sur notre société. Les dessins et montages hyperréalistes à caractère pornographique visant à dénigrer l’artiste soulèvent des interrogations sur le temps de réaction, d’autant plus que malgré le blocage de la recherche de contenu lié à la chanteuse sur la plateforme, la publication était toujours accessible pendant environ 17 heures avant d’être retirée.

En ce qui concerne la création de deep fake, il suffit de quelques images de la personne pour que sa reproduction soit possible, et Taylor Swift, en tant que personnalité publique avec de nombreuses images et vidéos circulant sur Internet, facilite malheureusement la création de ce type de contenu. Une autre personnalité publique récemment affectée par la génération d’images pornographiques via deep fake est l’actrice Xochitl Gomez, qui malgré sa notoriété, a déploré que la plateforme “X” n’ait pas réussi à supprimer les deep fakes pornographiques la concernant.

Réflexions sur la responsabilité des plateformes en ligne

Alors que certains générateurs d’images IA imposent des limitations pour empêcher la production d’images nues, pornographiques et hyperréalistes de célébrités, beaucoup d’autres ne disposent pas de garanties explicites contre de tels contenus. La tâche de limiter la diffusion d’images falsifiées incombe souvent aux plateformes sociales, une responsabilité qui s’avère difficile même dans les meilleures conditions et devient particulièrement intimidante pour une entreprise comme “X”, dont les ressources de modération sont épuisées.

Protéger l’intégrité personnelle dans un monde numérique

La génération de ce type de contenu est d’autant plus grave lorsque l’on considère les cas de personnes anonymes victimes de deep fake, qui peuvent ne pas avoir les ressources légales ou le soutien public nécessaires pour faire face à la situation. Tout comme la vengeance pornographique (revenge porn), la pornographie deep fake est une forme d’abus sexuel basée sur l’image, un terme englobant qui inclut la capture, la création et/ou le partage d’images intimes sans consentement.

Les mesures individuelles et collectives pour lutter contre la diffusion de contenus falsifiés

Cet incident autour de Taylor Swift, bien qu’impactant, n’est pas unique, car la pornographie générée par IA, alimentée par le machisme, est de plus en plus répandue sur Internet. Cela souligne le défi significatif de lutter contre la pornographie deep fake et les images générées par IA qui affectent des personnes réelles. Le manque de garanties adéquates dans de nombreux générateurs d’images IA aggrave encore le problème, en plaçant la responsabilité de contenir la diffusion d’images fausses sur les plateformes de médias sociaux, dont les ressources de modération sont souvent limitées.

En cas de découverte d’un deep fake, il est essentiel d’agir rapidement. Il est recommandé de signaler le contenu, de contacter les autorités compétentes, de demander le retrait du contenu, de consulter un avocat spécialisé, de collecter des preuves et, si nécessaire, d’engager des poursuites judiciaires. Cependant, il est important de noter qu’il n’est pas certain que les images soient définitivement supprimées d’Internet, ce qui souligne la nécessité de mesures plus larges pour lutter contre ce problème en constante évolution.

Sources

  1. ‘Deepfake’: ‘Colocaram meu rosto em um vídeo pornô’
  2. Inside the Taylor Swift deepfake scandal: ‘It’s men telling a powerful woman to get back in her box’
  3. Trolls have flooded X with graphic Taylor Swift AI fakes

A propos de Beatriz COELHO GUEDES DE PAIVA

En formation en Master 2, Droit de l'Économie Numérique à l'Université de Strasbourg

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