L’intelligence artificielle au service de la filière nucléaire

D’ici une dizaine d’années, l’intelligence artificielle sera sans doute au cœur du fonctionnement des centrales nucléaires.

Quels bénéfices cette industrie peut-elle tirer des nouvelles technologies ?

 

Un logiciel optimisant le fonctionnement des centrales françaises

En 2018, EDF a lancé le logiciel Metroscope, dont l’objectif est de diagnostiquer de manière automatisée tout problème pouvant affecter le processus de production nucléaire.

Ce logiciel fonctionne sur la base d’une comparaison entre théorie et pratique. Le programme conçoit un jumeau numérique du réacteur et analyse efficacement tout écart entre son fonctionnement et sa performance optimale. Les aléas pouvant perturber le processus de production sont donc immédiatement identifiés et diagnostiqués, ce qui permet de planifier les opérations de maintenance à bon escient.

 

Les bénéfices sont multiples et ne concernent pas uniquement les acteurs principaux du nucléaire.

Bien évidemment, la sécurité s’en trouve fortement renforcée. Détecter une défaillance plus rapidement pourrait permettre d’éviter de nouveaux drames comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, que personne n’a oublié.

Mais les bénéfices peuvent également être économiques et environnementaux. En effet, une centrale mieux réglée produit davantage d’électricité à moindre coût. Pour Aurélien Schwartz, ancien ingénieur d’EDF et co-fondateur de Metroscope, « une installation d’une puissance moyenne de 1 000 MW peut rapidement augmenter ses performances de 2 MW, soit la consommation électrique d’une ville de 2 000 habitants ».

 

Une intelligence artificielle capable de sauver des vies

Metroscope ne constitue pas l’unique exemple de la transformation du secteur nucléaire.

Une nouvelle intelligence artificielle développée par l’Institut des Sciences Industrielles de l’Université de Tokyo permet de prévoir où se propageront les rayons d’une centrale nucléaire en cas d’accident. En prenant en compte les variables et les données météorologiques, cet outil est capable de déterminer les zones où la menace radioactive serait la pire, jusqu’à 35 heures à l’avance. Les populations peuvent alors être évacuées, ce qui éviterait de nouvelles tragédies. Le grand avantage de cette innovation est qu’elle va s’améliorer avec le temps, grâce à l’augmentation des données disponibles.

 

Les nouvelles technologies constituent donc un atout incontestable pour le secteur du nucléaire, aussi bien sur le plan de la performance pure que sur le plan de la sécurité.

Des transformations qui pourraient s’avérer décisives pour l’avenir de cette industrie.

A propos de Damien BOSSU

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