L’avocat 2.0 !

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Le monde se digitalise ; l’économie numérique prend de plus en plus d’ampleur. L’ensemble des professions sont bouleversées et doivent l’intégrer dans leur fonctionnement. L’avocature doit donc prendre le tournant digital pour rester dans la tendance.

Quelques chiffres de la profession au XXIème siècle.

Selon le Conseil National des Barreaux français (CNB), les avocats en exercice sont au nombre de 69 900 en septembre 2019. Il dénombre en moyenne, 100 avocats pour 100 000 habitants. Les modes d’exercice de la profession sont les suivants: individuel (36%), collaborateur (29%), associé (30%) et salarié (4%). L’ensemble des revenus cumulés de la profession en 2016 était de 4,8 milliards d’euros en 2016.

Le métier d’avocat face au numérique.

L’usage du numérique implique de nombreux avantages (facilité, instantanéité, visibilité, etc.), mais comporte de nombreux inconvénients (cyber-criminalité, obligations de sécurité, etc.). Les dangers du web ont été rendus publics et explicités, donnant lieu à une prise de conscience internationale. Au niveau de l’Union européenne, la mise en place du Règlement Général sur la Protection des Données à caractère personnel (RGPD) en est la preuve. Du point de vue juridique, la protection et la sécurisation des données traitées par les avocats sont obligatoires. Cependant, la confiance du client reste l’un des enjeux principal de la profession.

L’avocature possède des codes et usages précis, perturbés par l’arrivée de l’outil numérique. Cela signifie que l’ensemble des avocats certifiés et ceux en devenir doivent prendre en considération les nouvelles attentes d’une génération digitalisée. L’interview des avocats du cabinet Eloquence résume ce fait : “Le digital est incontournable et devient un des piliers d’une relation moderne client/avocat (…)” (1). Le tournant digital serait donc une réponse au marché et aux attentes sociétales.

À la lecture du Journal Officiel du 5 novembre 2020, les enseignements des élèves-avocat ont été mis à jour dans l’optique d’intégrer l’importance du numérique à la profession. Au regard de la thématique, le volet « Formation de déontologie » comprend maintenant la protection des données personnelles. Cette importance se retrouve aussi dans la « Formation de management et de développement » des futurs avocats. En effet, ils doivent « traiter de la sécurité numérique du cabinet et des besoins de la profession par secteur d’activité et par zone géographique». De plus, le CNB, sur son site Internet, dédie une page entière au RGPD, réglementation essentielle en la matière. On y retrouve des moyens pour tester sa conformité, une formation e-learning, des guides pratiques, etc. L’ensemble de la profession prend donc réellement en compte le numérique, de la formation à la pratique.

D’une manière générale, les avocats n’ont pas le droit de faire leur promotion. Malgré tout, cette règle a été considérablement assouplie pour dynamiser la profession. Le métier étant très concurrentiel, ces derniers doivent trouver des manières innovantes de vendre leurs services, pour approcher une clientèle toujours plus large et offrir des services de qualité. Bien que l’usage du numérique diffère d’un avocat à l’autre, il est clairement visible de manière diverse.

Certains font de la publicité sur Internet, ce qui leur permet d’accroître leur visibilité. D’un côté, la stratégie est d’attirer le client en jouant sur la personnalité de l’avocat, le rendre accessible par une image bienveillante aux yeux du public. D’un autre côté, certains professionnels se rendent visibles en faisant la publicité de leurs œuvres intellectuelles. Cela peut passer par la mise en avant de livres, d’articles (qu’ils ont rédigé) ou de partenariats. Par exemple, la société Avoxia ventait son partenariat avec le cabinet Garbarini dans un poste Facebook pour des cours en ligne. Dans ce cas, ce n’est pas la personnalité, mais le savoir-faire de la personne qui est montré aux yeux du public. Sachant que la nouvelle génération est ouverte à de nouveaux modes de transmission du droit, ils exploitent cette tendance. Par exemple, Maître J. MEL explique dans un webinaire du 26 novembre 2020, son idée de créer des BD juridiques intitulées Alice au pays du droit pour démocratiser et vulgariser le droit. D’autres encore, prennent le prisme de l’actualité juridique pour prospérer sur la toile. Par l’intermédiaire du numérique, la curiosité et la culture juridique peuvent être assouvies d’une manière plus dynamique.

Peu importe, la manière dont les professionnels communiquent avec leur clientèle, l’utilisation du numérique doit être légale, rapide et continue dans le temps. L’ensemble des professions du droit sont touchées, notamment les notaires avec la question de la mort numérique.

 

 

(1) Interview d’Hadrien Debacker et Arnaud Boix, Avocats associés, cabinet Eloquence, candidat au Prix 2015 de l’innovation des Avocats en Relation-Clients.

A propos de Marine BENTOUMI

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