Clear Space: Une noble mission nécessitant l’adhésion de tous les États

La start-up suisse Clear Space est sur le point de devenir le futur éboueur de l’espace. Elle se donne une noble mission de nettoyer l’orbite des débris métalliques laissés dans l’espace par les différentes missions et des satellites. Cependant son modèle économique n’est pas clairement défini.

Une technologie innovante au service d’une noble mission

L’union Européenne a confié à Clear Space la mission de construire un satellite nettoyeur de 500 kilos. Ce satellite aura pour mission de détruire les débris spatiaux.  Construit à la base d’une technologie innovante, le satellite recueillera les particules avec ses tentacules. Après la collecte des ordures, ce dernier devra faire l’objet d’une explosion entrainant la combustion complète de l’appareil et les débris.

Selon les propos de Muriel Richard-Noca recueilli par Remy Decourt[1], une des responsables de Clear Space, cette technologie est constituée d’un système « PAC-MAN », constitué de cinq tubes en carbone qui déploient en forme de cône un filet où sera emprisonné le débris métallique. Elle présente deux grands intérêts : elle est un système très léger qui ne consomme pas trop d’énergie et elle ne laissera aucun débris dans l’orbite après son explosion.

Selon l’Agence Spatiale Européenne (ESA) il y a plus de 42000 de plus de 10 centimètres qui gravitent autour de la terre à 28000 KM/h[2].  Ainsi ces débris représentent une véritable menace pour les satellites opérationnels. L’objectif de cette opération est de protéger les astronautes et les satellites qui opèrent des missions dans l’espace contre ces débris. Le nettoyage de l’espace sera utile à toute la planète. Cela permettra de protéger les services de géolocalisation, d’éviter le dysfonctionnement des services de métrologie.

Un modèle économique non encore défini

Un modèle économique définit comment l’activité de l’entreprise va créer de la richesse. Il est une évidence que la mission de Clear Space est noble. Cependant on ne voit pas très clairement comment cette activité va permettre à cette start-up de gagner de l’argent pour financer son développement. Elle a bénéficié d’un contrat de 86 millions d’euros de l’ESA. Cependant il n’est pas clairement défini à quel marché s’adresse ce service. Est-ce un service destiné aux Etats ou aux Organisations internationales ? Les Etats seront -ils prêts à payer ? La start-up poursuit-elle une mission désintéressée ? Ce sont autant de questions qui demeurent sans réponses. Toutes ces questions prouvent que ce problème nécessite une réponse multilatérale.

La nécessité d’une adhésion de tous les États

Ce projet peut être rentable pour l’entreprise s’il est adopté par l’Organisation des Nations-Unies. En raison de son objectif, il devrait susciter un intérêt pour l’ensemble des Etats de la planète. Tous les pays bénéficieront de la désintégration des débris de l’espace menaçant certains services essentiels notamment la météo. L’Union Européenne, à elle seule, ne peut pas s’occuper de la dépollution de l’espace. Les pays lanceurs de satellites doivent également contribuer. Ainsi, il parait vraiment nécessaire que ce projet fasse l’objet d’une convention entre les États.

Face aux menaces grandissantes des millions de particules métalliques laissées par les satellites non utilisables, les Etats ont tout intérêt à encourager le projet de Clear Space. Il parait même nécessaire qu’une convention soit adoptée en vue de contraindre les propriétaires des satellites inactifs à les désorbiter. Ainsi les entreprises qui travaillent sur cette noble mission pourraient trouver un véritable intérêt pour développer leur produit. En adoptant une telle convention, tous les pays sortiront gagnants.  La destruction des satellites inactifs éliminera le danger pour les astronautes et les satellites ayant une fonction essentielle. Les entreprises travaillant sur ce projet auront un véritable marché.

Pour aller plus loin. https://www.youtube.com/watch?v=pclqbhRKkdM

 

 

[1] https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/capture-debris-cleanspace-1-premier-satellite-eboueur-debris-spatiaux-36845/

[2] https://www.businessinsider.fr/lagence-spatiale-europeenne-signe-avec-une-startup-suisse-pour-nettoyer-lespace-185983#:~:text=Pour%20y%20rem%C3%A9dier%2C%20l’agence,d%C3%A9pollution%20de%20l’orbite%20terrestre.

A propos de Rolince ST JUSTE

Avocat au Barreau de Port-au-Prince Titulaire d'un master I en Droit Privé et en Droit des Affaires étudiant en Master II Droit de l'économie Numérique

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