Netflix, Spotify du football l’avenir de la diffusion sportive passera-elle par le numérique ?

Les revenus des droits télévisuels ne cessent d’augmenter pour les clubs de football. En effet la ligue de football professionnel a négocié avec Mediapro un contrat à 1,153 milliard d’euros par an pour la diffusion des matchs sur la période 2020-2024, un record en France.

Cependant la négociation de telles sommes provoque une multiplication des diffuseurs, aujourd’hui, en France il faut être abonné à 4 chaines différentes pour avoir accès à toute l’offre footballistique. Cela représente un coût total de 74€ par mois si l’on prend les offres les plus basiques de chacune d’entre elles (Bein Sport 15€, RMC Sport 19€, Téléfoot 20€, Canal + 20€).

Cette situation a fait naître une fracture entre les consommateurs et les diffuseurs. Effectivement de nombreux téléspectateurs se sont tournés vers des solutions illégales comme l’IPTV ou les sites de streaming. Le numérique serait-il la solution à cette problématique ?

Un Spotify du football ?

Lors d’une interview accordée au Parisien, le président de l’Olympique Lyonnaise Jean Michel Aulas proposait l’idée suivante « Il faut un Spotify du foot ou un Deezer du foot, il faut une offre unique avec un prix attractif et que le public n’ait plus à se poser la question sur quelle chaîne est le match »

Cette solution règlerait le problème actuel du trop grand nombre d’abonnements, qui représente une dépense conséquente pour les supporters. L’argent perçu par les clubs serait sûrement plus faible qu’avec la méthode de diffusion actuellen, cependant « une prime d’intéressement » pourrait venir compenser cette perte. Celle-ci serait proportionnelle au nombre d’abonnés qui regardent les rencontres du club, à la manière de Spotify pour les artistes.

Le prix attractif de l’abonnement à la plateforme serait difficile à suivre pour les chaines traditionnelles, les sites de streaming et l’IPTV. Avec l’arrivé d’une offre unique et abordable on pourrait apercevoir comme ce fut le cas avec l’arrivée de Spotify et Deezer une baisse de fréquentation des sites illégaux.

Cependant cette solution possède deux défauts majeurs. D’une part il faudrait que ce diffuseur unique acquière les droits du football mondial. Cela représente un prix extrêmement élevé puisque le championnat de France coûte à lui seul, près d’un milliard d’euros. D’autre part la majorité des abonnés devrait être muni d’une connexion internet suffisamment puissante pour pouvoir visionner les matchs en direct, ce qui n’est pas le cas sur tout le territoire national.

DAZN, le modèle à suivre ?

Lancé en 2016 par Simon Denyer DAZN se présente comme « un service de streaming sportif en direct et à la demande offrant aux amateurs de sport le contrôle et la flexibilité nécessaire pour regarder leurs sports à leur guise »

Pour 10€ par mois les résidents de neufs pays disposent de nombreuses compétitions en direct et en replay comme la Champions League, l’Europa League, les matchs de première division anglaise, espagnole, italienne et américaine. La force de DAZN ? La multitude de sports qu’elle propose comme la boxe, le football américain, la NBA, la F1 en passant par la pêche, le cricket ou les fléchettes.

L’entreprise investit chaque année des milliards d’euros pour obtenir des droits de diffusion sportives spécifiques en fonction des pays en utilisant notamment des algorithmes pour deviner quel droit acheter pour quel pays.

Ce système va à l’encontre de modèles plus classiques comme celui du « pay-per-view » énormément utilisé en boxe ou dans le monde du catch. Il consiste à payer un tarif unique pour voir un match ou un événement sans souscrire un abonnement à une chaine TV.  Mais le prix payé pour ces évènements est extrêmement élevé on parle de somme avoisinant les 70$ pour les pay per view de l’UFC.

Malgré tout il est difficile d’imaginer l’arrivée de DAZN ou d’une organisation similaire en France. Effectivement le marché est plus que fermé avec 4 grosses chaines qui se partagent les droits, de plus, il est difficile de croire que ces derniers vont renoncer à une telle source de revenus. Mais la plateforme ne cesse de se développer notamment à l’étranger et si une opportunité se présente nul doute qu’elle la saisira comme elle l’a fait en Allemagne.

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