E-santé, un pilier majeur du bien-être animal ?

Les élevages français sont aujourd’hui confrontés à des enjeux colossaux. En effet, le bien-être animal est devenu une préoccupation de premier plan dans notre société. Comment les éleveurs peuvent-ils faire évoluer la pratique de leur métier pour satisfaire ces nouvelles exigences sans remettre en cause leur stabilité économique déjà très fragile ? Le développement de l’e-santé, dont nos animaux domestiques vont également bénéficier, occupera sans aucun doute une place de choix dans cette démarche.

E-santé et élevage de masse

Dans les élevages, les dispositifs e-santé prennent principalement la forme de technologies permettant le contrôle de l’environnement dans lequel vivent les animaux. En effet, de nombreux problèmes sanitaires découlent d’un environnement inapproprié à l’élevage : manque de place, mauvaise ventilation, mauvaise gestion de la nourriture.

Un animal sain dans un environnement sain

L’environnement peut être contrôlé par une mesure de la ventilation, de la consommation d’eau et même parfois par l’installation de caméras ou de micros. Grâce aux données récoltées, on peut obtenir des informations relatives à la santé des animaux. Par exemple, une plus forte consommation d’eau par un élevage porcin peut être le symptôme (diarrhée, urine foncée) d’une déshydratation. Certaines technologies, comme le Pig Cough Monitor, sont même capables d’analyser la toux des animaux par le biais de micros installés dans le bâtiment. À partir des synthèses obtenues grâce à la modélisation des sons, l’éleveur sera capable de repérer des toux productives (maladies virales, infections, maladies pulmonaires), d’établir un diagnostique précoce et de soigner plus rapidement.

Ces équipements ont un objectif commun : la prévention. On dit souvent « mieux vaut prévenir que guérir », et rien n’est plus vrai dans ce secteur d’activité. Avec le développement d’une antibiorésistance de certaines bactéries due au surtraitement des bêtes, il est nécessaire de fournir à l’éleveur et au vétérinaire des outils de prévention. Les technologies évoquées permettent de mieux cibler les besoins médicaux des animaux et ainsi de réduire drastiquement la quantité de médicaments à ingérer. Cela concourt à la fois à une population d’élevage en meilleure santé et à une viande de meilleure qualité, puisque moins médicamentée.

Mais même si les animaux d’élevage sont les bénéficiaires les plus évidents de ces technologies, il ne faut pas exclure les animaux de compagnie. En effet, certains dispositifs permettent d’améliorer leur état de santé en palliant le manque de connaissances de leur propriétaire.

Animaux domestiques, les nouveaux bénéficiaires de l’e-santé

En France, 30% des animaux de compagnie sont en surpoids. C’est principalement en informant les propriétaires sur l’activité physique de leur l’animal et sur son alimentation que les technologies de la santé numérique peuvent jouer un rôle intéressant, notamment dans la gestion de l’alimentation à distance.

Concernant les technologies développées pour les animaux de compagnie, il est indispensable de différencier les gadgets des dispositifs ayant un réel intérêt sanitaire. Le collier mis en vente par l’entreprise Canhegat est un très bon exemple du potentiel de ces technologies. Il permet de mesurer l’activité physique de l’animal. Grâce à une immense base de données, il calcule la quantité de croquettes à  prévoir pour chaque repas. Les données sont également transmises au vétérinaire en charge de l’animal. Il pourra suivre en direct son état de santé et en tirer les conséquences qui s’imposent.

 

Ainsi, même si les nouvelles technologies ne permettent pas de régler la totalité des problématiques liées au bien-être animal, elles assurent au moins un rôle de prévention essentiel à la bonne santé des animaux.

A propos de Félix BATAILLE

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1 réponse

  1. Галина dit :

    Tous les jours et de toutes les manieres, la surveillance s’integre a nos vies. Nos appareils personnels nous ecoutent,  les villes intelligentes surveillent continuellement les conditions, les systemes d’intelligence artificielle analysent l’immense quantite de donnees qui en resultent et les personnes qui sont au fait tirent de plus en plus profit de ces analyses. La situation pourrait creer un avenir ou les systemes surveilleraient notre cerveau, ou la cryptographie quantique aneantirait le dernier espoir en matiere de protection de la vie privee et ou il pourrait y avoir un recul numerique. La solution pourrait etre de redefinir le concept de vie privee et des droits afferents. Il ne faut toutefois pas oublier que cette surveillance apporte aussi des avantages, notamment en ameliorant le quotidien et l’etat de sante de la population et en adaptant les biens et les services aux besoins des citoyens. Les innovations en matiere de technologies medicales, de robotique, de protheses et de microprocesseurs biocompatibles, jumelees a l’interet des utilisateurs precoces a l’egard de  l’amelioration des capacites humaines (l’humain augmente), font en sorte qu’il serait possible d’exploiter le plein potentiel humain et de redefinir  l’etre humain. Elles ameneront aussi un lot d’enjeux en matiere de reglementation et de nouveaux points de vulnerabilite, notamment  le risque de piratage visant a saboter les systemes corporels a mesure que seront adoptees les technologies integrees, ainsi que les nouvelles dimensions en matiere d’inegalite et d’acces partial.

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