L’intelligence artificielle au cœur des villes de demain

La ville de demain est une ville intelligente au service des citoyens, elle utilise des solutions innovantes s’appuyant sur les nouvelles technologies afin de remplir sa mission : fournir un meilleur service public à ses habitants. Et l’intelligence artificielle y a son rôle à jouer.

 

L’intelligence artificielle, un outil au service des villes :

A Paris, cette nouvelle forme d’intelligence permet d’anticiper les pannes d’éclairage public à l’aide d’une analyse de données. Grâce à des capteurs de trafic, elle peut aussi aider à optimiser le parcours des camions poubelles. La data permet de fluidifier le trafic routier, que ce soit en matière de stationnement (détection des places libres), ou de circulation aux heures de pointe (feux rouges intelligents). Elle peut même permettre de détecter des incendies, à l’aide de caméras thermiques.

L’IA se présente comme une opportunité pour les smart cities. La technologie se met au service de la ville, repensant la mobilité urbaine, l’éclairage public, la sécurité et la santé publique : le citoyen est au cœur de tout ce processus.

Mais elle est aussi potentiellement vectrice de surveillance massive. La ville de Nice, par exemple, a testé la reconnaissance faciale sur un échantillon de volontaires, avec pour ambition, à terme, de la généraliser sur la voie publique. A l’heure du big data, un grand nombre d’informations collectées et exploitées de manière automatisée sont à caractère sensible : de nombreuses dérives sont possibles, et la crise sanitaire nous permet d’en entrevoir quelques-unes.

 

Singapour, une gestion de la pandémie exemplaire, des libertés individuelles sacrifiées :

Singapour est considérée comme la smart city la plus avancée du monde. Bien que la ville ait obtenu des résultats probants en matière de gestion de la pandémie de Covid-19, cela s’est fait aux dépens des libertés individuelles de ses citoyens.

En effet, dans la cité-Etat, les citoyens confinés reçoivent des appels vidéo chaque jour, et des visites par surprise, afin de s’assurer que les mesures de quarantaine sont respectées. Des puces électroniques sont remises aux contrevenants, afin de les obliger à respecter les mesures : une alerte est envoyée dès qu’un malade s’éloigne de son lieu de résidence. Cette situation soulève la question de la proportionnalité.

 

Et si la ville de demain était une utopie ? Et si, en réalité, l’intelligence artificielle devenait, à terme, un outil de surveillance déployé à grande échelle au nom de la sécurité ? Ce n’est pas sans raison que pour certains observateurs, la safe city (ville sécuritaire) a pris le pas sur la smart city. Quoiqu’il en soit, la frontière entre la surveillance des personnes et l’optimisation du service public se réduit au fil du temps : l’enjeu éthique de la gouvernance de la donnée devient alors une problématique majeure, non seulement pour les villes de demain, mais aussi pour la société de demain.

A propos de Lilian MAGNONI-THURNER

Etudiant en Master 2 commerce électronique, passionné par le sport, l'économie, le numérique et leurs impacts dans la société.

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