Sites de rencontre : Le danger des brouteurs et leur arnaque à la webcam

Les sites de rencontres dont le marché ne cesse de croitre chaque année nous promettent de rencontrer notre âme sœur. Or, derrière cette belle promesse se cache une cybercriminalité sans vergogne qui utilisera tous les moyens possibles pour abuser des personnes les plus vulnérables. Parmi eux, les brouteurs et leur fameuse arnaque à la webcam.

Une catégorie de cybercriminels redoutables, les brouteurs

Les cybercriminels les plus aguerris sont connus pour résider principalement en Afrique, précisément en Côte d’Ivoire et au Nigéria. Pourquoi là-bas ? La Côte d’Ivoire fait partie des vingt pays les plus pauvres au monde, ce qui encourage le recours aux arnaques en ligne pour gagner d’importantes sommes d’argent. En effet, là-bas les salaires avoisinent les 90 euros par
mois. Ces cybercriminels portent un nom spécifique et redouté, les brouteurs. Pourquoi ce nom ? Car ils sont assimilés à des moutons qui se nourrissent sans efforts. Les brouteurs sont redoutablement efficaces, organisés en clan et visent les francophones et anglophones depuis des cybercafés.

Les brouteurs s’attaquent aux hommes et femmes présents sur les sites de rencontre et les réseaux sociaux. Ils promettent le grand amour, écrivent nuit et jour à leurs cibles pour les faire tomber sous leur emprise. Ils arrivent à créer un état de dépendance affective avec des techniques de manipulation bien rodées. Dans quel but ? Pour pouvoir soutirer un maximum d’argent à leurs victimes. Ainsi, ils arrivent chaque année à soustraire aux européens 200 millions d’euros.

Afin d’être un brouteur efficace, il faut être dans un véritable réseau, pour minimiser les chances de ne pas être arrêté. Certains fonctionnaires participent et ferment les yeux sur leurs actions comme les policiers ou les employés de banque, les pots de vin sont rois.

Une spécialisation dans l’arnaque à la webcam

Afin d’être aussi redoutables, les brouteurs ont des techniques spécifiques et surtout une spécialisation, l’arnaque à la webcam. En quoi consiste-t-elle ? Elle consiste à exiger de l’argent en l’échange de la non-publication de vidéos compromettantes sur la victime. Selon l’étude réalisée par cybermalveillance.gouv de 2019, il y eut 28 000 signalements, 2000 plaintes et 2 arrestations par la Police nationale. En vérité, les chiffres devraient être plus élevés mais vus le caractère très intime de cette attaque, peu de personnes osent porter plainte. Les brouteurs sont donc devenus les spécialistes de cette méthode, étant les principaux
détenteurs des faux profils, il est aisé pour eux d’attirer des victimes dans leurs filets. Une fois le profil crée, ils vont aller séduire les hommes comme les femmes sur les réseaux sociaux et les divers sites de rencontre.

Ils vont longuement discuter avec elles, instaurer un climat de confiance pour les amener petit à petit hors du traditionnel chat écrit, sur une discussion orale avec la vidéo. Pour cela, ils exposent l’envie d’avoir des relations charnelles, de pimenter les rapports avec la victime. Une fois qu’ils ont attiré la victime sur le chat vidéo/audio, ils vont la pousser à se mettre nue, à faire des choses très intimes. Pendant que la victime s’exécute, ils captent le flux vidéo et l’enregistrent. Une fois qu’il a récolté des informations suffisamment compromettantes, il va commencer la phase du chantage et de désillusion pour la victime.

Ils vont faire comprendre à la victime qu’ils détiennent des vidéos et des informations sur elle et qu’elle doit verser une importante somme d’argent si elle ne désire pas que ces dernières soient publiées. Afin de faire encore plus peur la victime, le brouteur va citer les différents sites, réseaux où les contenus seront publiés. Ils n’hésitent pas à citer les membres de la famille, l’employeur, des amis de la victime. Cela peut aller encore plus loin, le brouteur peut menacer la victime de la faire passer pour un ou une pédophile qui porte atteinte à des mineurs. Malheureusement, la victime ne voit pas d’autres solutions que de payer la rançon bien évidemment en Western Union pour éviter le pire.

Heureusement, plusieurs d’entre eux ont déjà été arrêtés, en aout 2019, un réseau de Nigérians a été démantelé aux États-
Unis, en 2018 c’est 89 brouteurs qui ont été interpellés en Côte d’Ivoire.

Face à ce danger, les utilisateurs de site de rencontre doivent faire preuve d’une extrême prudence et éviter d’en dévoiler trop sur elles. Mais surtout, il est conseillé de reporter toute activité suspecte auprès des plateformes dédiées telles que Pharos.

 

A propos de Clothilde MACÉ

Étudiante en master 2 "Droit de l'économie numérique", je suis une grande passionnée du droit des données et de l'intelligence artificielle.

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