Une approche éthique de l’intelligence artificielle dans une société garantissant les droits et libertés individuelles

Le développement tout azimut de l’Intelligence Artificielle (IA) est dû en quelque sorte à un laxisme législatif et éthique que ce soit sur la scène nationale ou internationale. Ainsi, les entreprises du numérique en l’occurrence les GAFAM en ont profité en se dotant chacune de leur propre charte éthique afin de développer leur technologie. L’absence d’harmonisation soulève aujourd’hui des enjeux majeurs quant à la protection des droits et libertés fondamentales et des valeurs sociales.

On peut légitimement se demander si le perfectionnement de l’IA vise à remplacer l’humain ou juste à augmenter ses capacités dans ses différentes actions quotidiennes. Les propositions éthiques qui pourront émerger ne doivent pas tendre à devenir des obstacles à l’innovation technologie, mais uniquement des cadres visant à définir la place de l’humain au sein de cette ébullition numérique de sorte que, ce ne sont pas les machines « intelligentes » qui viendront dicter la conduite à tenir.

Nous devons ainsi poser des lignes directrices qui serviront de fondement éthique sur lesquelles définir la fiabilité d’une IA et définir les rapports entre elle et l’humain afin de faire barrage à tous les risques inhérents à elle. Cet élan ne doit pas être une collection de bonnes pratiques tendant en outre à présenter l’IA comme un produit fiable sur lequel les consommateurs doivent orienter leur dévolu. Ainsi, il y a une nécessité de développer une IA fondée sur les valeurs de transparence et de sécurité. Cette mesure permettra de garantir une meilleure protection de la vie privée. Dans les faits, chaque technologie doit être efficiente afin d’éviter la destruction de la dignité des personnes. C’est la raison pour laquelle la confiance qui en résultera, doit être regardée au prisme du respect de la vie privée surtout lorsqu’on sait que l’IA peut fonctionner sans supervision.

Eu égard du secteur médical, le rapport Touraine envisage le principe de garantie humaine du numérique en santé. Le but de ce principe réside dans le fait que toute utilisation numérique dans le domaine de la santé doit être supervisée par un humain qui transmettra alors toutes les informations jugées utiles et pertinentes au patient. En d’autres termes, le professionnel de santé doit rester le maître de la situation en étant le dernier à prendre toute décision qu’il juge adéquat après consultation des options proposées par l’IA. Car, la prise de décision par une IA sans supervision humaine pourrait être considérée comme un exercice illégal de la médecine au sens du code de la santé publique.

Avec la prolifération des technologies dans le secteur de la santé, ce principe se révèle important dans la mesure où il permettra d’établir les bonnes pratiques sur lesquelles l’on pourra juger la fiabilité d’une IA et les conditions dans lesquelles on pourra les utiliser. Enfin, nous visons dans une société cosmopolite bercée par une multitude culturelle et une diversité ethnique considérable, par conséquent, la valeur de transparence doit être un principe inhérent à l’IA. Cela permettra de lutter contre les biais pouvant conduire à toute forme de discrimination ou encore à trouver une explication aux différents résultats qu’elle pourrait offrir. Cette transparence permettra de mettre à la disposition du public le code source de l’IA afin qu’on puisse juger de la pertinence des résultats qui en résultent.

La nécessité de développer une IA respectant les valeurs éthiques reste indispensable d’autant plus qu’elle permettra d’établir ce sentiment de confiance essentiel pour l’adoption des applications fonctionnant grâce à elle. Pour y parvenir, la Commission européenne a publié 7 lignes directrices servant de référence pour juger la fiabilité d’une IA. Nous pouvons citer entre autres :

  1. Le facteur humain et contrôle humain,
  2. La robustesse et sécurité,
  3. Le respect de la vie privée et gouvernance des données,
  4. La transparence,
  5. La diversité, non-discrimination et équité,
  6. Le bien-être sociétal et environnement et
  7. La responsabilité.

La finalité de ces valeurs éthiques est de conduire à une IA basée sur la confiance et l’excellence dans un marché numérique très concurrentielle. Déployer ces exigences conduit à rappeler que l’IA doit être au service de l’humain et ceci, en lui permettant de prendre des décisions plus éclairées tout en promouvant la dignité humaine, les droits fondamentaux et le respect de la vie privée.

A propos de Parfait PEMAMBOU

Etudiant en Master 2 Droit de l'Economie Numérique Président de l'association ACEDEN A la recherche d'un Stage de 6 mois

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