L’utilisation de la technologie numérique contre le Covid-19 en France : moyen de lutte ou de surveillance ?

Début avril, en se fondant sur les méthodes asiatiques de lutte contre le Covid-19, L’ONU annonçait vouloir faire de l’innovation technologique un moyen d’endiguer le Coronavirus. Aujourd’hui, un bon nombre de gouvernements a fait le choix de se munir de la technologie afin de lutter contre le Covid-19 notamment par la mise en place d’outils technologies.

Toutefois, une question subsiste, ces outils sont-ils vraiment destinés à lutter contre le virus ou à renforcer la surveillance de masse ?

 

La mise en place d’outils de lutte contre le Covid en France.

 

Dans les pays les plus développés, l’utilisation d’outils technologiques existants avant la Crise ont connu une forte croissance. Selon l’AFP, en France, le nombre des téléconsultations avait déjà passé la barre des 80 000 à la mi-mars. Parallèlement, à la téléconsultation des outils de traçage ont été annoncés afin de lutter contre le coronavirus. C’est notamment le cas de la France, où le Gouvernement d’Edouard Phillipe a annoncé le lancement de son application de traçage, Stop-Covid, destinée  à assurer le suivi des personnes testés positives au Covid-19 et à prévenir les personnes ayant été en contact avec les malades.

Au début du mois de mai, la régie autonome des transports parisiens ( RATP) chargée d’assurer la desserte des transports dans la région francilienne, a annoncé qu’elle mettrait en place des caméras de surveillance afin de détecter le respect du port de masques par les usagers. Cette nouvelle technologie est réalisée en association avec Dataklab, start-up française chargée de rattacher son intelligence artificielle sur six caméras situées dans la Gare de Chatelet-les-Halles, première gare souterraine européenne. Pour l’heure la RATP a assuré que cet outil aurait pour l’instant une visée plus statistiques que répressives.

Ces technologies, présente des avantages certains dans la lutte contre le Covid-19 notamment en ce qui concerne la localisation des individus à risques ou pouvant être un danger pour les autres mais font encore grincer des dents sur quelques points et principalement sur la possibilité que ces outils servent à terme à une surveillance de masses.

 

Stop-covid : De la lutte contre le coronavirus à la surveillance de masse ?

 

A la différence de la méthode Apple et Google visant à conserver les données collectées sur la mémoire du téléphone, Le Gouvernement français a préféré opter pour une méthode consistant à utiliser un système centralisé pour la sauvegarde des identifiants des infirmations. La méthode française présente des risques pour la vie privée des utilisateurs. En effet, L’anonymisation des données a été garantie par le Gouvernement mais d’apprès plusieurs sources, les utilisateurs pourraient être identifiables par la corrélation de différentes informations présentes sur le serveur sauvegardant les données.

Ce qui induit Benjamin Sontag de la Quadrature du Net à se demander si l’application ne contribuerait pas à une surveillance de masse et à habituer lentement la population française à ce type de surveillance. Selon, Gaetan Leurent, Chercheur à L’INRIA, ce type d’application pourrait à terme créer une stigmatisation des personnes malades.

A cela il faut rajouter que rien ne garantit les données ne seront pas utiliser dans les mois à venir à d’autres fins que celles initialement prévues. En effet, en avril dernier, des données stockées sur des fichiers de polices ont été utilisés afin d’identifier les récidivistes d’infractions allant à l’encontre des mesures de confinement.

Ce débat sur l’application Stop-covid en France fait étrangement écho à ce que certains philosophes ont décrit alors comme le passage à une société de contrôle par collier électronique, une surveillance fondée sur les algorithmes appelée gouvernementalité algorithmique.

Pour l’heure l’application peine à faire ses preuves. En effet, un peu plus de semaines après son lancement l’application n’a été téléchargée que par 2% de la population, 68 personnes se seraient signalées et 14 personnes aurait été averties par l’application.

Ces chiffres devraient-ils être analysés comme un indicateur de la réticence des français à ce type d’application et à fortiori à un rejet par ceux-ci d’une forme algorithmique de surveillance étatique ?

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