Brésil : la digitalisation en passe de révolutionner la gestion publique ?

En tant que pays ayant la 4e plus grande population numérique avec 210 millions d’habitants dont 130 millions d’internautes réguliers, le Brésil pourrait devenir un géant numérique. La politique, frein historique à son développement, se révèle alors de plus en plus comme un moyen d’atteindre ses objectifs.

 

Un territoire aux défis administratifs conséquents

 

Les défis de développement identifiés par les observateurs concernent en effet davantage la politique interne et la gestion des administrations que son économie (au 9e rang mondial). Les scandales politiques à répétition liés à la corruption, à une bureaucratie dépassée et la lourdeur administrative sont l’objet de nombreux maux.

Le second frein porte sur le manque de conscience numérique plus que de moyens. En effet ces dernières années, les politiques publiques ne se concentraient que très peu sur les questions liées au digital alors que ces dernières disposaient des budgets nécessaires.

 

Une prise de conscience en faveur d’une digitalisation croissante

 

En 2011, dans le cadre d’un grand projet de lutte contre la corruption, le Brésil a adopté une loi d’envergure rendant obligatoire l’ouverture de toutes ses données publiques faisant ainsi office à ce sujet de précurseur au niveau mondial. De fait, tous les citoyens et acteurs locaux peuvent consulter les données traitées dans le cadre des infrastructures et de la gestion publique.

Puis, en 2017, les premiers projets gouvernementaux de développement de plateformes numériques ont émergé. La « Stratégie brésilienne de transformation numérique » de 2018 a ainsi permis de digitaliser à 100 % plus de 300 services publics au cours des 6 premiers mois de 2019 (3 fois plus que sur toute l’année 2018).

Le gouvernement de J. Bolsonaro, arrivé au pouvoir fin 2018, a rappelé que cette transformation était le meilleur moyen d’atteindre et d’améliorer le quotidien des citoyens qui accordent généralement à l’administration une confiance plus que légère. Conscient que ce n’est qu’en accédant à cette confiance que l’utilisation des services digitaux par les citoyens peut devenir massive, de très nombreuses actions sont ainsi faites par le gouvernement dans cette direction.

Autre projet du plan E-Digital cette fois en faveur de la transparence : un tableau de bord de performance de l’administration est mis à jour en temps réel et accessible à tous gratuitement. Cette transparence de la vie publique favorise ainsi la satisfaction et l’implication de tous les secteurs.

Les avantages identifiés par ces politiques ? La réduction des dépenses publiques, l’amélioration de la qualité de vie, la simplification de l’environnement des affaires et l’inclusion sociale.

Sur la scène internationale, enfin, le Brésil s’affiche comme un des leaders des réflexions portant sur la gouvernance mondiale d’Internet. À ce titre, le pays a adopté le Marco Civil dès 2014, texte gouvernant l’utilisation d’Internet dans le pays et promouvant (entre autre) la neutralité et la protection des données personnelles.

Enfin, le gouvernement de Bolsonaro souhaite atteindre 4 nouveaux objectifs d’ici fin 2020, témoins de son souhait de faire du pays un exemple de digitalisation de l’action publique. Parmi eux, on retrouve le déploiement d’une nouvelle identité numérique du Brésil (basé sur la biométrie) et la numérisation de plus de 1000 services publics supplémentaires.

A propos de Alexandre Yeddou

Etudiant en Master 2 Droit de l'économie numérique, à l'écoute des évolutions économiques et passionné par les technologies innovantes.

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