Smart-City et AioT : Une liaison dangereuse

L’Homme vit dans la perpétuelle consommation des ressources offertes par la terre. Or, ces  dernières n’ont pas vocation à être illimitée, elles s’amenuisent au fil des siècles et finiront par manquer. Cette urbanisation massive soulève plusieurs problématiques notamment sur l’économie des ressources. Comment vivre ensemble mais consommer moins ? En changeant notre mode de vie, en transformant nos villes en Smart-City. Or, cette solution a un prix, celui de données permettant d’analyser nos faits et gestes. Comment ? En utilisant massivement l’IoT qui sera bientôt couplé à l’intelligence artificielle pour gagner en efficacité. Pouvons nous réellement nous en réjouir?

Un changement passant par l’usage de l’IoT au sein de nos villes

L’Homme a pris des habitudes néfastes pour l’environnement, changer sa façon de vivre se révèle comme un défi de taille. Pourquoi ne pas le prendre au pied de la lettre en changeant son lieu de vie ? C’est ce que réalise le concept de Smart-City dit ville intelligente qui met à disposition des citoyens des technologies dites d’informations et communications afin d’améliorer les services proposés tout en économisant des ressources. Ces technologies prennent plusieurs formes et ces dernières évoluent. La plus connue demeure l’objet connecté qui est intégrant à la famille de l’internet des objets. Ce dernier, relié à internet, collecte massivement les données avant de les traiter. Or, ce traitement est limité par les capacités de l’objet, il est par exemple privé de la capacité de prédiction consistant à analyser des schémas de données avant d’agir.

Un manque d’anticipation de l’IoT comblé par l’intelligence artificielle

Ce manque d’anticipation est rapidement comblé par l’arrivée de l’intelligence artificielle qui vient se greffer aux divers objets connectés. A proprement dit, cette technologie n’existe pas, ce n’est que des algorithmes auto-apprenant qui permettent d’obtenir une puissance de calcul rapide. L’intelligence artificielle transformant l’Iot en AioT permet alors de donner la capacité à l’objet connecté de reconnaître des schémas de données, des situations, ce qui permet ensuite de prédire d’éventuelles situations et de réagir en amont. Or, l’intégration de l’IA rajoute une faille de sécurité à l’objet connecté, alors qu’il est vulnérable par lui même. En effet, quelqu’un de malveillant peut tout à fait nourrir l’IA de données biaisées afin que cette dernière reconnaisse les mauvais schémas, modèles. Dans le cadre d’une smart-City, cela pourrait amener à la survenance d’événements dangereux tels que des accidents de voiture.

Une mise en danger de nos données

Décrite comme cela, on pourrait croire que la ville de demain sera parfaite, qu’elle sera au summum du service et que tous nos besoins seront comblés. Or, cette utopie peut vite se transformer en dystopie car le service optimum à un prix, celui de nos données. En effet, l’AioT va permettre de rendre la collecte massive des objets connectés qui alimente le big data d’interpréter tout ce flux afin de les utiliser. Mais donnons-nous réellement notre consentement pour cela ? Est-ce que nous sommes tous d’accord pour que nos données personnelles traversent des flux parcourant nos rues ? Est-ce que des moyens réels de sécurité sont mis en œuvre afin de ne pas mettre en péril notre vie privée ? Il n’y a pas de réponses concrètes mais seulement des solutions possibles.

Solutions possibles

Il existe deux corps de solutions qui sont complémentaires, l’application de normes, de textes visant à protéger les données des individus et de la ville mais également la mise en place d’une cybersécurité renforcée visant à combler les failles de sécurité et de se prémunir des éventuelles cyberattaques. Cela se traduit donc par une nécessité d’intégrer dès la conception du projet de smart-city une gouvernance de la donnée regroupant 4 domaines primordiaux : La disponibilité des données (le fait de veiller à la bonne sauvegarde et à la mise à disposition par accès sécurisé), l’utilisabilité des données, l’intégrité des données (faire en sorte que les données soient de qualité, qu’elles ne soient pas altérée) puis la sécurité des données (mettre en place un contrôle des accès, tracer les données, agir contre les violations de données, combler les failles de sécurité, anonymiser les données…).

 

 

A propos de Clothilde MACÉ

Étudiante en master 2 "Droit de l'économie numérique", je suis une grande passionnée du droit des données et de l'intelligence artificielle.

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