Le numérique au service de l’eau

L’eau : un patrimoine commun, un élément essentiel à la vie.

De l’eau coule la vie. Un élément essentiel à notre existence. Pourtant une grande soif menace le monde. Des experts pensent que notre avenir sera de plus en plus marqué par des batailles pour le contrôle de l’eau, devenue une ressource rare. Il y a donc urgence à réagir et à chercher des solutions technologiques abouties pour économiser ce précieux patrimoine commun ; autrement, dans un horizon proche, une importante catastrophe écologique et humaine se dessine à l’échelle globale.

La pénurie d’eau est une menace réelle.

La pénurie d’eau, le réchauffement climatique et sa consommation intensive risquent d’étendre la désertification. Sur Terre, le désert progresse à grande vitesse. Il touche dix millions de km2, soit vingt fois la France, estime le PNUE.  Ajoutons à cela la surpopulation de certaines régions, mettant en cause la protection des ressources naturelles qui nous nourrissent.

Que faire alors pour contenir les conséquences d’une telle menace ?

Économiser l’eau est donc devenu un intérêt partagé, un enjeu vital de développement durable, pour cesser le gaspillage, éviter d’épuiser les ressources en eau, d’en garantir la qualité et d’envisager l’extension de l’accès à l’eau potable pour ceux qui n’en bénéficient pas encore aujourd’hui. Les auteurs de Harvard Business Review ont exploré le sujet de l’industrie de l’eau par le prisme du Big Data. Dans leur développement, ils évoquent un rapport édifiant publié par l’ONU. Selon les analystes, la demande en eau dépassera les ressources disponibles de 40 % en 2030.

Concrètement, qu’est-ce que le numérique apporte à une meilleure gestion de l’économie de l’eau et le maintien de sa qualité ?

Le numérique impacte positivement la performance dans la gestion des services au quotidien. Les procédés de traitement sont assurés par des ensembles d’équipements sophistiqués, communiquant entre eux et régulés en temps réel. Le développement de ce que l’on appelle les « réseaux intelligents » ou « Iots Internet des objets » répond à la fois aux enjeux de protection de la ressource, avec la pré localisation au mètre près des fuites, grâce à des outils de collecte de données sur les tronçons du réseau, et d’optimisation de la qualité de l’eau, par le suivi de paramètres de qualité en temps réel. Les objets connectés ne sont pas forcément utiles sans un outil pour les interconnecter et les gérer. Sans une plateforme qui réunit les informations et les tris, identifie les problèmes des capteurs eux-mêmes, donc sans l’intervention des outils du Big Data, les problèmes techniques et informatiques s’accumulent.

Former et éduquer les usagers à l’importance de l’eau.

Le rôle du numérique contribue donc à associer tous les acteurs, à l’échelle individuelle comme à l’échelle mondiale, dans la gestion de l’économie de l’eau. Par ailleurs, la prise de conscience œuvre à sensibiliser les usagers. Sachant que les particuliers ne consomment que 13% des ressources.  L’agriculture, qui en consomme plus de 70%, devra faire sa part en adoptant des techniques d’irrigation plus efficace : micro retenue, canaux couverts pour éviter l’évaporation, remplacement de l’aspersion qui cause la déperdition de 20 à 60% de l’eau utilisée, par l’apport d’eau au pied des plantes, comme la goutte à goutte, etc. L’industrie, à peu près un dixième de la consommation totale, doit aussi contribuer : les entreprises peuvent recycler leurs eaux usées et organiser des circuits de récupération et de distribution de la vapeur. Toutes ces initiatives issues d’un effort collectif et conscient contribuent à améliorer l’utilisation de la technologie numérique et par conséquent économiser l’eau. Il est clair que l’enjeu économique réveille les autorités et les entreprises, mais sans vraie prise de conscience de l’enjeu crucial, les changements seront minimes.

Pour relever ce défi, et afin de garder l’humain au centre de cette évolution, une éducation au numérique et à ses multiples enjeux ainsi qu’une formation à la science informatique s’impose. Soulignons que la formation au numérique est une chance pour faire évoluer les manières de penser, de croiser les regards et d’insuffler de nouvelles dynamiques interdisciplinaires. C’est aussi une opportunité sans précédent d’éveiller l’intérêt et la conscience de tous les consommateurs à l’économie de l’eau.

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