Un Conseil de déontologie journaliste et de médiation en France

Le 2 Décembre 2019 s’est tenu la première assemblée générale du Conseil de déontologie journalistique et de médiation. Cette instance pourrait répondre à la crise de confiance du public envers les médias.

Une crise de confiance du public envers les médias

Sale temps pour les médias d’information français. Depuis quelques années, ils font l’objet d’une réelle défiance de la part du public. Selon une étude de 2019, près de 24% des français feraient toujours confiance aux médias, ce qui est peu.

Les raisons sont nombreuses. Entre autres, les médias sont accusés de proximité avec le pouvoir et des partis politiques ; de ne pas retranscrire la réalité des faits ; ou encore de créer des infox (par exemple l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès). Pris ensemble, ces éléments interrogent sur certaines pratiques médiatiques.

Il est donc nécessaire pour la profession journalistique de regagner la confiance de ce public. Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) pourrait ainsi y contribuer.

Le CDJM, quel rôle ?

Le CDJM est créé le 2 Décembre 2019 lors de son assemblée générale fondatrice à Paris, mais ne sera opérationnel qu’en janvier 2020.

Il prend statutairement la forme d’une association, se revendiquant comme un « organe professionnel d’autorégulation » de la profession journalistique et indépendant de l’Etat. Il permet la médiation et l’arbitrage entre les médias, les rédactions et leurs publics.

Il se compose de représentants de journalistes et d’éditeurs, tous médias confondus (presse écrite, radio, télévision, numérique, agence), ainsi que de représentants du public.

Sa mission principale est d’émettre des avis sur des pratiques journalistiques. Pour le faire, le CDJM recueille des plaintes du public concernant les pratiques ou les contenus publiés par des médias d’information (sauf celles concernant les lignes éditoriales). Il peut aussi s’autosaisir sur ces questions. Les plaintes recevables seront instruites par le Conseil. Ils aboutiront à des avis, qui seront ensuite publiés sur son site officiel et les médias concernés seront invités à les publier.

En ce qui concerne l’avis, il n’est qu’à titre informatif, il n’a donc pas vocation à engendrer de sanctions pénales ou pécuniaires. Son intérêt réside dans son aspect symbolique car touchant à l’honneur du média (personne n’aime que l’on pointe du doigt ses erreurs). Ainsi, ce procédé encouragerait les médias à faire plus attention à ce qu’ils diffusent.

Bien que le CDJM soit une nouveauté en France, l’idée n’est pas nouvelle. Plusieurs Etats l’ont déjà adopté (tels que la Belgique, la Suède ou le Chili) engendrant par la suite des résultats plutôt positifs. Espérons donc que cela soit de même en France.

A propos de Nicolas Guillon

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