Les applications mobiles liées à la santé mentale : une aide précieuse mais pas sans risque

Pour être un bon psychiatre, un spécialiste vous dira qu’il faut connaître parfaitement l’état de son patient. Cependant, les personnes souffrant de troubles mentaux ont une humeur instable, et ont beaucoup de mal à retranscrire a posteriori lors du rendez-vous hebdomadaire ou mensuelle leur changement d’état psychologique. Le smartphone peut donc être très utile pour aider les thérapeutes dans leur mission de suivi.

Domaine propice aux applications

Les maladies mentales prennent beaucoup de temps à se soigner. L’intérêt des applications crées à cet effet est là, elles permettent un suivi régulier et à long terme des patients. Il est rare que les patients rechutent le jour de la consultation avec leur médecin. Elle permettent donc d’élargir la consultation, les psychiatres ne peuvent rendre des comptes uniquement par ce qu’ils observent lors de la visite du malade. Il ne sont en plus même pas sûrs que ce soit des données objectives, car la plupart du temps lorsqu’un malade est en crise il n’a pas vraiment conscience de ses agissements. Les applications permettent donc une retranscription de la vie réelle des malades.

Les souffrances psychiatriques sont encore très tabous dans notre société. Certaines personnes hésitent donc à aller consulter, alors parler à un robot qui répondra à quelques questions peut entraîner une prise de conscience et une potentielle acceptation d’une prise en charge de la maladie.

Cependant, tout cela n’est pas sans danger.

Légère fiabilité des applications

L’humain et le robot se retrouve en concurrence, un patient pourrait expliquer à son psychiatre qu’il n’a plus besoin de prendre ses médicaments prescrits car son smartphone lui a dit que ce n’était plus nécessaire. Le malade pourrait penser que l’application remplace le médecin alors qu’il s’agit uniquement d’une solution intermédiaire. Autre danger est qu’une application peut donner de mauvais conseils. Par exemple, une application sur les troubles bipolaires conseillait aux utilisateurs de boire de l’alcool afin d’atténuer les angoisses. En effet, un bon nombre d’applications ne seraient pas validées scientifiquement. Concernant les données personnelles, elles pourraient être utilisées à d’autres finalités.

Cette évolution relative à la santé mentale est donc certes bénéfique en psychiatrie mais certains risques restent inévitables…

A propos de Charlotte KERN

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.