Cryptomonnaie : gouvernements et entreprises privées se livrent une bataille stratégique.

Qui ne connait pas le Bitcoin, cette cryptomonnaie qui a vu le jour avec la Blockchain ? La monnaie digitale est l’avenir, raison pour laquelle les gouvernements ne veulent pas laisser ce monopole entre les mains des entreprises privées. Cryptomonnaie, outil de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme ? Même les Etats envisagent la création de leur propre monnaie virtuelle.

De la genèse à l’expansion

Depuis sa création le 3 janvier 2009, la monnaie digitale le Bitcoin ne cesse de prendre de la valeur. Elle a fait tellement d’envieux au point où on assiste à une fleuraison de monnaie virtuelle telle l’Ethereum ou la Litecoin. L’avantage avec ces monnaies virtuelles c’est que le taux de transaction est quasiment nul contrairement aux taux de transaction des monnaies classiques. En plus, c’est une monnaie qui repose sur la Blockchain, technologie réputée infalsifiable et ne disposant pas d’unité centrale de contrôle. Cependant, le G20 ne considère pas les cryptomonnaies comme étant de la monnaie classique parce qu’elles ne répondent pas aux critères exigés. Selon eux, c’est plutôt un « crypto-actif ». Autrement dit, des actifs stockés sur des supports numériques dont se serviront les personnes appartenant à une communauté bien définie afin de réaliser des opérations. C’est dans cette logique que le leader de la vente en ligne Amazone a créé sa propre monnaie virtuelle Amazon Coins pour faciliter les achats sur sa plateforme. L’expansion de cette monnaie ne cesse de faire des envieux.

 

L’Union Européenne freine les ardeurs de Facebook

Facebook est le réseau social le plus utilisé actuellement. En 2019, il comptait 2,4 milliards d’utilisateurs actifs à travers le monde selon BDM média. C’est l’une des raisons qui a poussé Mark Zuckerberg, président directeur général à envisager la création d’une monnaie virtuelle la Libra. Mais ce projet pharaonique a été tué dans l’œuf car cela aurait assuré à cette entreprise une grande autonomie voir même, le comparé à un Etat. En Europe, le tocsin a été sonné par le ministre de de l’économie et des finances publics français Bruno Le Maire. Il a clairement exposé qu’il était contre la création de la Libra tout en ajoutant que cette monnaie pourrait : favoriser le financement du terrorisme, faciliter l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent et remettre en cause la souveraineté des Etats. Les représentants des 26 banques centrales de l’Europe ont exprimé le même sentiment tout en envisageant la création de leur propre monnaie virtuelle.

 

La création d’une « devise numérique »

Le consortium Visa, Mastercard et PayPal chargé du pilotage de la création de la Libra s’est retiré. L’Union européenne envisage contrattaquée en proposant la création d’une « devise numérique ». Bruno Le Maire avait déjà émis sa volonté à la création d’une monnaie virtuelle publique soutenu par un rapport rendu par le sénat le 1e octobre 2019. C’est le cas pour la Chine qui a lancé la création de sa monnaie virtuelle le Digital Currency Electronic Payment (DCEP) qui sera adossée sur le Yuan. L’enjeu est majeur parce que Facebook avec ses 2,4 milliards d’utilisateur actif pourrait toucher une tranche de la population mondiale qui n’a pas de compte bancaire mais qui a un compte au sein du réseau social. L’exemple papable est celui de l’Afrique où la plupart des habitants n’ont pas de compte bancaire mais ont un compte Facebook. C’est pour cela que la création des cryptomonnaies soulèvent plusieurs enjeux.

 

Les différents enjeux soulevés par la monnaie virtuelle

Plusieurs pays ne considèrent pas les monnaies virtuelles comme étant de la monnaie classique et ceci pour plusieurs raisons. Cela soulève le problème de souveraineté parce que seuls les Etats sont compétents pour battre la monnaie. Voir une entreprise avoir les mêmes attributions causerait un conflit. En plus, ça soulève une question de règlementation. L’Union européenne précise qu’en l’état actuel, il n’y a pas de loi qui encadre la création et la circulation des cryptomonnaies. En outre, on voit d’un mauvais œil le fait qu’une entreprise se comporte comme un établissement bancaire. Parce que, selon l’article L511-5 du code monétaire et financier, seul les établissements bancaires peuvent effectuer les opérations financières.

 

Pour aller plus loin:

http://blog.economie-numerique.net/2019/07/26/facebook-va-lancer-sa-cryptomonnaie-en-2020/

 

A propos de Parfait PEMAMBOU

Etudiant en Master 2 Droit de l'Economie Numérique Président de l'association ACEDEN A la recherche d'un Stage de 6 mois

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