L’Accessibilité pour tous aux jeux-vidéos, un combat interminable

Le week-end du 30 octobre au 3 novembre a eu lieu la Paris Games Week. Cet événement a pour but de présenter les nouveautés dans le monde du jeu vidéo. Lors de cet évènement, un stand était dédié à l’accessibilité regroupant les acteurs de ce combat. Quel est leur but? Permettre aux personnes en situation de handicap de jouer comme tout le monde. De nos jours, nous ne pouvons pas encore déclarer que ça soit le cas, pourquoi? qui s’implique véritablement dans ce projet?

Qu’est-ce que l’accessibilité ?

Les jeux-vidéos utilisent nos sens et nos facultés motrices et mentales. Or, certaines personnes sont privées de leurs utilisations à cause d’un handicap. La loi sur l’égalité des droits et des chances du 11 février 2005 le définit comme étant « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. ».

Ces altérations empêchent d’utiliser un clavier, une souris ou une manette ou bien même de tout simplement voir l’écran. L’expérience du jeu devient impossible et perd tout son but, celui de se divertir. Rendre accessible les jeux-vidéos consiste alors à donner la possibilité de jouer en adaptant les éléments composant l’expérience de jeu. Cela passe par des périphériques adaptés, une interface graphique spécifique ou des jeux créés spécifiquement pour les personnes en situation de handicap.

Un combat essentiellement associatif

Le premier organe à prendre à bras le corps le programme du manque d’accessibilité des jeux-vidéos est l’association. La plus connue et complète est CapGame qui était notamment présente à la PGW. Celle-ci a été créé en 2013 et a pour objectif de rendre accessible le numérique aux personnes handicapées. Pour cela, elle répertorie sur son site toutes les solutions matérielles et logicielles afin de rendre les jeux-vidéos accessible.

Autre association, Handigamer crée en 2017 qui a lancé la société HitClic développant des manettes adaptées aux personnes en situation de handicap. Parmi les produits proposés, nous pouvons trouver des manettes de Playstation 4 et Xbox One pour un usage à une main, gauche ou droite. Il y a également divers contrôleurs de type arcade sous forme de boitier avec des boutons assez proches. Ceux-ci peuvent être configurés et adaptés comme bon nous semble, les boutons peuvent s’interchanger.

Microsoft et Ubisoft, des acteurs impliqués

Lors de la PGW, on pouvait rencontrer sur le stand de l’accessibilité l’éditeur de jeux-vidéos Ubisoft, c’est surement le plus impliqué dans cette quête. Parmi ses jeux adaptés, nous pouvons trouver Ghost Recon Breakpoint. Le jeu propose des paramètres permettant notamment de configurer les sous-titres, d’adapter les commandes du jeu, on peut activer le suivi de regard, on peut aussi modifier l’affichage. Il accepte également les périphériques adaptés. Microsoft met également des solutions en place pour rendre les Xbox accessible à tous. Ils proposent depuis un moment des manettes adaptées et modulables selon ses besoins.

Un progrès encore insuffisant

Quant aux autres éditeurs, acteurs dans le monde du jeux-vidéos, ils n’ont pas vraiment l’air impliqué.  Pourtant à l’heure où les jeux de rapidité se multiplient et ou la réalité virtuelle se développe, il est grand temps de ne plus laisser les personnes en situation de handicap sur la touche. L’accessibilité devrait être un principe de base, une norme appliquée à tout développement de jeux-vidéos et consoles. Aujourd’hui, le seul texte de loi ayant une influence positive est américain, c’est la loi “Twenty-first Communication and Video Accessibility Act” de 2012. Celle-ci oblige notamment les éditeurs de jeux-vidéos de les rendre accessible, elle a eu un impact international réjouissant mais malheureusement insuffisant. Il ne reste plus qu’à espérer qu’elle inspire et pousse d’autres pays à créer une législation en ce sens.

Clothilde Macé

 

A propos de Clothilde MACÉ

Étudiante en master 2 "Droit de l'économie numérique", je suis une grande passionnée du droit des données et de l'intelligence artificielle.

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