Biotech et Medtech : où en est la France ?

Le 18 septembre dernier, moment de malaise pour les acteurs de la Biotech et Medtech à l’annonce des 40 startups « les plus prometteuses » (classement Next40) sélectionnées par le gouvernement. Seules 2 entreprises en lien avec la santé ont été retenues.

Un écosystème ultra dynamique et performant

La France ne compte pas moins de 600 entreprises de Health Tech selon le bureau français du Boston Consulting Group (BCG). Le cabinet de conseil en stratégie annonce également pour ce secteur un chiffre d’affaires de 40 milliards d’euros et 130 000 emplois en plus d’ici 2030.

Coté classement, les centres de recherches INSERM et AP-HP sont placés respectivement à la 2nd et 8e place mondiale par le SCImago Journal & Country Rank.

Selon Business France, le pays est au 2nd rang européen en matière de produit de biotechnologie en développement.

Enfin avec 21,8 milliards d’euros de capitalisation boursière pour les Biotech, Paris Euronext est la 2nd place de marché au monde et 1ère en Europe.

La « start-up nation », un leader en devenir

 Le BCG tire, de ses chiffres plus que rassurant, une conclusion limpide avec son étude « Faire de la France un leader mondial de la santé ».

Parmi les points forts, 3 sont à souligner :

  • L’excellence de la recherche publique dans les technologies de santé (1 entreprise française de santé sur 2 est issue de la poursuite de travaux académiques)
  • Des dispositifs fiscaux attractifs (statut de la Jeune Entreprise Innovante et le Crédit Impôt Recherche)
  • Un capital-risque en forte croissance (hausse de 40 % entre 2015 et 2017)

La lourdeur administrative et réglementaire viennent ternir le tableau. Les freins en matière de transfert technologique contribuent aussi aux faiblesses constatées par les diverses études. Sur le financement, 52% des entreprises de santé sont en besoins et/ou ont des difficultés à lever des fonds.

Des performances insuffisantes pour capter l’attention du gouvernement

Malgré l’ambition affichée du gouvernement de vouloir faire de la France un leader en matière de santé, la multitude d’acteurs sur le marché ne bénéficieront donc pas des 5 milliards d’euros accordés aux entreprises du Next40 et ce malgré un besoin crucial d’investissement.

La représentation imagée de ce secteur y est peut-être pour quelque chose.

La santé a longtemps été reléguée à la recherche de laboratoire et universitaire, ce qui explique à la fois son excellence et son désintéressement. Le Next40 comporte ainsi quasi exclusivement des startups du numérique qui sont les prochaines « licornes », souhaité par le gouvernement.

Philippe Tibi (professeur de finance à l’École Polytechnique) dans son rapport publié le 19 juillet 2019  « Financer la quatrième révolution industrielle » réalisait l’écosystème des licornes dans le monde : la France en compte seulement 5 sur 372. Ainsi selon Michel Nizon, analyste de startups, « l’État s’exerce à élever des licornes » au travers de l’indice Next40 pour rattraper son retard.

Si pour le chef de l’État, « il faut qu’en 2025, on ait au moins 25 licornes », les acteurs de la santé ne semblent pas faire parti du projet car sous représentés, malgré le dynamisme du secteur.

Next40 : https://www.economie.gouv.fr/next40

Étude du Boston Consulting Group : http://www.france-biotech.fr/wp-content/uploads/2017/03/FrenchHealthTech.pdf

A propos de Alexandre Yeddou

Etudiant en Master 2 Droit de l'économie numérique, à l'écoute des évolutions économiques et passionné par les technologies innovantes, je suis à la recherche d'un stage de fin d'étude de 4 à 6 mois

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