Les achats de streams musicaux

En plein essor depuis le début des années 2000, le streaming est aujourd’hui un mode d’accès à la culture incontournable. A titre illustratif, en 2018, la plateforme Netflix utilisait 15 % de la bande passante mondiale. Le modèle le plus répandu en matière de streaming est légal et payant. Parmi les nombreux cas d’usage du streaming, la musique en est le principal et représenterait 51% des parts de marchés. Le développement du streaming en matière musical est tel que certains ont vu en lui un moyen de faire renaître l’industrie musicale.

Conscientes que ce nouveau mode de consommation de la musique a un impact dans l’industrie musicale, les institutions en charge de la certification de disques ont décidé de procéder à quelques modifications dans leur calcul.  Le Recording Industry Association of America( RIAA) aux Etats-unis et le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) en France ont annoncé, en 2016,  la prise en compte du nombre d’écoutes en ligne afin d’établir les disques d’or. En France, par exemple, les volumes d’écoutes en streaming de tous les titres d’un album sont cumulés et ce total est ensuite converti en équivalent de vente (1500 streams correspondent à une 1 vente). Cependant,  pour qu’un album soit certifié disque d’or il faudrait  l’équivalent de 50 000 ventes ce qui équivaut à 75 000 000  streams.

Un an après son annonce, la Snep a repéré les failles du streaming et de cette nouvelle méthode de certification. Certains artistes et maisons de disques s’adonneraient à la pratique frauduleuse dite de manipulation des streams consistant à augmenter artificiellement le nombre de streams afin de produire de fausses données d’écoutes.

Ce que certains appellent également les fraudes à la lecture sont très simples à mettre en œuvre. Contre rémunération, certains programmateurs proposent des logiciels composés de réseaux de robots informatiques qui se chargent d’écouter automatiquement un ou plusieurs morceaux pendant un peu plus de 30 secondes, à plusieurs reprises, de manière indéterminée. Par cette méthode frauduleuse, les artistes génèrent des revenus mais se créent également une visibilité sur la scène musicale.

Pour l’heure, aucune sanction n’a été formulée à l’égard des artistes ou des maisons de disque pratiquant ce type de manœuvre. Toutefois en juin dernier, des géants de l’industrie du disque se sont engagés à lutter contre la manipulation des streams.

Ces pratiques, nous poussent à nous demander si le streaming participe effectivement à faire renaître l’industrie musicale de ses cendres ou édulcorer un lent déclin.

 

 

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