Manifestations à Hong Kong: la guerre numérique 2.0 (partie 2)

Depuis juin dernier, Hong Kong est secouée par des manifestations massives contre le pouvoir et pour la démocratie. Alors que la péninsule connaît ses pires violences depuis 1997, manifestants et policiers se livrent en parallèle à une véritable guerre technologique, faisant du mouvement l’un des plus tech de tous les temps.

Quand l’identité devient une arme

La police hongkongaise a à sa disposition un réseau dense de caméras (dont le nombre reste inconnu), des algorithmes de reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle pour compter et identifier les manifestants. Les policiers iraient même jusqu’à forcer les manifestants à déverrouiller leur smartphone avec leur informations biométriques pour extraire les informations contenues.

Face à cela, les protestants doivent donc désactiver Face ID et Touch ID avant chaque hostilité et porter un masque.

Néanmoins, le 4 octobre, Carrie Lam annonce l’interdiction des masques et maquillage cachant le visage durant les manifestations. Cette nouvelle mesure met le feu aux poudres et provoque dès le lendemain des rassemblements spontanés de personnes masquées à travers la ville.

De même, lorsque les policiers ont arrêté de porter leur badge affichant leur numéro d’identification, les protestants ont commencé à les identifier eux-mêmes en ligne (pratique connue sous le nom de doxxing qui consiste à collecter des informations sur un individu pour les publier en ligne). Une chaîne sur Telegram recensant des informations sur les officiers et leurs familles compte plus de 50 000 abonnés. La technique a rapidement été reprise par les pro-gouvernementaux pour isoler les leaders du mouvement contestataire.

Développement de nouvelles technologies de pointe

Cette guerre technologique passe également par le déploiement de nouvelles armes. L’institut technique de physique et chimie (ITPC) de Pékin a annoncé la création de la première arme sonique portable au monde.

La directrice du projet, Xie Xiujuan explique au quotidien hongkongais South China Morning Post:

L’arme contient un gaz spécial. Une fois chauffé ce dernier produit un son très particulier dans une fréquence très basse. Même si cet infrason est inaudible pour les humains, il crée des vibrations qui attaquent les tympans, les yeux, l’estomac et même le cerveau. Les personnes touchées auront entre autres le vertige, des troubles intestinaux, des vomissements ou des douleurs intolérables.

Les armes soniques ou armes à ultrasons ont été utilisés pour la première fois par l’armée américaine au Vietnam dans les années 1970. Cependant, ces outils étaient jusqu’ici trop encombrants et seulement destinés à être placé sur des engins lourds pour bénéficier d’une source d’énergie importante et stable.

En 2017, la Chine lance officiellement le développement d’une nouvelle arme sonique portable en forme de fusil avec l’aide des équipes de recherche de l’armée chinoise et du ministère de la Sécurité publique.

Selon le rapport de l’ITPC (publié en ligne sur leur site mais retiré depuis), le développement d’une arme sonique portable constituait l’un des dix principaux projets nationaux de la recherche et du développement lancés en Chine en novembre 2016. Le développement de cette arme a même été classifié comme « innovation indépendante ».

L’arme aurait déjà fait ses preuves sur le terrain et le 4 septembre dernier, le gouvernement accepte la production massive de cette arme portable.

 

Jusqu’à maintenant, aucun rapport n’indique l’utilisation de telles armes à Hong Kong. Mais le gouvernement risque de sévir avec le prolongement des contestations et Pékin qui laisse planer la menace d’une intervention militaire. Le 17 novembre la police a même été autorisée à tirer à balles réelles lors du siège de l’Université Polytechnique, bastion de résistance des étudiants, qui aura duré une semaine. Il s’agit de la confrontation la plus longue et l’une des plus violentes depuis le début du conflit, six mois plus tôt.

A propos de Thuy Nhy DINH

Diplômée d'un Master Droit du numérique (mention Droit des Affaires) et actuellement étudiante en Master 2 Commerce électronique

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