La biométrie : nouvelle arme pour la lutte contre les fonctionnaires fictifs en Afrique

L’Afrique fait appel à la biométrie pour éradiquer les fonctionnaires fictifs. Mais qu’advient-il des données personnelles traitées ? En 2018, le ministère de la fonction publique du Cameroun en a dénombré 10 000 et ils ont coûté 46 millions d’euros au gouvernement.

La biométrie permet d’identifier chaque individu à partir de certains éléments morphologiques qui lui est unique. C’est pourquoi le Zimbabwe s’en sert contre les fonctionnaires « fantômes ». Ces derniers avaient jusqu’au 30 septembre 2019 pour s’identifier au risque de ne pas percevoir leur salaire. Selon Vincent Hungwe, président de la Commission de la fonction publique « avec le soutien de la banque mondiale, la deuxième phase de cette transformation a débuté le 1 octobre et va jusqu’au 31 décembre ». Elle consistera en la confrontation biométrique des données collectées avec celles du bureau des services des salaires. La dernière phase consistera d’attribuer un salaire à un fonctionnaire qui a été bien identifié et cela sera effectif d’ici 2020.

 

C’est un combat de longue haleine que mènent les gouvernements africains sans n’avoir jamais trouvé de solution. Mais aujourd’hui, avec l’avènement de la technologie de plus en plus performante, certains pays ont plutôt penché pour la biométrie afin de retirer cette épine qui coûte des sommes colossales aux Etats et reste un vrai frein pour la transparence et le développement du continent. Cependant, l’utilisation de la biométrie entraîne un traitement des données personnelles nécessitant une protection considérable.

L’Etat du Zimbabwe n’a pas donné d’indication sur ce qu’il adviendra de cette masse de données personnelles collectées après leur traitement. Notons que dans l’Union Européenne, depuis l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) le 25 mai 2018, les informations personnelles qui ont subi un traitement par l’administration publique ou par un établissement privé doivent être protégées. L’intérêt de cette mesure est de donner la possibilité au citoyen d’avoir le plein contrôle sur ses données personnelles afin qu’elles ne soient pas utilisées sans son consentement. Les pays africains en faisant ce traitement biométrique des données personnelles doivent penser à la protection de celle-ci.

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A propos de Parfait PEMAMBOU

Etudiant en Master 2 Droit de l'Economie Numérique Président de l'association ACEDEN A la recherche d'un Stage de 6 mois

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