Cloud souverain français : vers un protectionnisme de la donnée ?

C’est désormais officiel, Dassault Systèmes et OVH ont débuté leurs travaux de Cloud souverain dont la mise en place est souhaitée par le gouvernement pour début 2020. Ils devront remettre leurs projets au ministre de l’Économie et des Finances à la fin de l’année 2019.

Le Cloud Act, texte controversé qui relance le sujet

Le 23 mars 2018, une loi fédérale américaine est promulguée. Elle permet aux autorités judiciaires sur requête d’imposer aux prestataires de service (les hébergeurs) de communiquer les informations, communications et enregistrements d’un client qu’ils “soient localisés à l’intérieur ou à l’extérieur des Etats-Unis”. 

En avril 2019, Bruno Le Maire parle de situation “inacceptable” et de “rupture de souveraineté” et annonce la création d’un “cloud national stratégique”. Selon lui, le marché est cette fois prêt et conscient du défi. En septembre le projet est officialisé et les acteurs annoncés.

Va-t-on vers une guerre “de” et “pour” la donnée ?

Le cabinet Gartner affirmait en 2011 : “Les informations sont le pétrole du 21ème siècle, et l’analytique en est le moteur à combustion”. La data apparait donc comme l’enjeux des prochaines décennies. D’un point de vue diplomatique les relations risquent de se cristalliser sur ce sujet.

Bruno Le Maire ne laisse aucune place au doute : une “réponse offensive” est nécessaire. Il est ainsi possible de constater un certain protectionnisme de la donnée s’installant en Europe. L’export de données permis par le Cloud Act à l’heure du Règlement Général de la Protection des Données (RGPD) amènera l’Union Européenne à se positionner sur la protection de ses intérêts géostratégiques.

Quid de la concurrence ? L’interventionnisme de l’État en encourageant les entreprises aux données “sensibles” ou “stratégiques” à les stocker sur le Cloud souverain risque de concurrencer les acteurs privés.

A noter que la méfiance de Washington envers les infrastructures de 5G prochainement installées par Huawei sont directement liées à des questions d’espionnage industriel via l’accessibilité directe de la donnée.

A propos de Alexandre Yeddou

Etudiant en Master 2 Droit de l'économie numérique, à l'écoute des évolutions économiques et passionné par les technologies innovantes, je suis à la recherche d'un stage de fin d'étude de 4 à 6 mois

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.