Le projet « Horizon » de Facebook – le début des réseaux sociaux virtuels ?

Les réseaux sociaux, dont Facebook fait partie des leaders, ont en l’espace de quelques années révolutionné la communication au sein de notre société. Et si le plus grand bouleversement était encore à venir ?

Le 25 septembre 2019, lors de la conférence Oculus Connect 6, Facebook a annoncé le lancement en 2020 d’ « Horizon », un nouvel espace social virtuel accessible par des casques immersifs. Les utilisateurs pourront par l’intermédiaire d’avatars communiquer dans un monde virtuel avec d’autres utilisateurs du monde entier.

Lors d’une conférence en 2015, Marc Zuckerberg, exprimait sa conviction que le développement de la réalité virtuelle sera la prochaine grande évolution du monde numérique et Facebook veut en être un acteur de premier plan.                                                                                                                                                                 La réalité virtuelle (en anglais virtual reality ou VR) est une technologie qui permet, en travaillant sur les sens, de plonger une personne dans un univers virtuel créé numériquement. Pour cela, on doit encore se munir d’objets contenant des capteurs comme les casques développés depuis 2015 par Samsung (Gear VR) ou encore Oculus (Oculus Rift). Toutefois, ces derniers ont encore besoin d’être améliorés car ils ont des défauts et sont généralement coûteux.

Ainsi, ces révélations nous font croire que se déplacer instantanément à un rendez-vous professionnel à l’autre bout du monde, être plongé dans l’univers d’un film, un réseau social ou un jeu vidéo ou encore faire des simulations virtuelles d’opérations chirurgicales pourraient bientôt faire pleinement parties de notre quotidien.                            Cet avis est partagé par Laurent Chrétien, directeur de Laval Virtual, selon lequel « les notions de téléprésence, téléportation virtuelle, travail collaboratif distant, sont les plus grands défis actuels de la réalité virtuelle avec des enjeux importants non seulement économiques, mais aussi et surtout environnementaux et sociologiques ».

 

Tout cela semble déjà tout droit sorti d’un film de science fiction… et pourtant ce n’est pas terminé !

 

Il y a quelques années, Marc Zuckerberg annonçait « un jour, je crois que nous serons capables de transmettre pleinement nos pensées à chacun d’entre nous en utilisant la technologie ». Selon lui, communiquer par la pensée nos sentiments et émotions seraient la forme absolue de la communication, qu’il faut chercher à atteindre.        Les neuroscientifiques s’intéressent depuis de nombreuses années à la question, persuadés que bientôt la communication se fera par des Interfaces cerveau-machine (BMI / Brain-Machine Interface), sans aucun autre intermédiaire, ou directement de « cerveau à cerveau ». Il y a quelques années, trois personnes ont déjà réussi à faire une partie de Tetris, sans se voir ni se parler, par la simple force de leur esprit, avec un encéphalogramme[1] et une stimulation magnétique[2].                                                                                                                          L’utilisation de la télépatie ou la telekinésie serait donc un moyen de communication qui pourrait rapidement remplacer la réalité virtuelle, alors que cette dernière n’est pas encore totalement développée ! Les chercheurs imaginent donc l’éventualité de création d’un « réseau social de cerveaux connectés » et ce projet pourrait notamment être repris par Facebook.

Toutes ces avancées soulèvent plusieurs questions.

Tout d’abord, les potentiels risques des ondes et des stimulations magnétiques au cerveau sont difficilement évaluables.                                                                                                                                                                    Ensuite, une vraie question se pose quant à l’utilisation des données personnelles. Comment seront-elles prélevées ? Où seront-elles stockées et pour quel usage ? En effet, le risque est encore plus important que celui déjà traité par le récent Règlement général de la protection des données (RGPD). Il ne s’agit plus, comme il est déjà le cas, de partager nos coordonnées, nos centres d’intérêts ou opinions politiques mais nos pensées, la partie la plus intime de nous-mêmes et que nous ne pouvons pas contrôler.  Les juristes devraient déjà se pencher sur ces questions pour en prévenir les éventuels abus.

 

[1] Outil qui mesure l’activité électrique du cerveau à l’aide d’électrodes

[2] Impulsions magnétiques au cortex cérébral

A propos de Elisa SOBCZYK

Passionnée par les problématiques posées par le monde du numérique et consciente de ses enjeux, je voudrais y contribuer en apportant mon point de vue de juriste

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