Esportainement : De la compétition au spectacle

Zrt trackamnia Cup, Grind de ladder ou Fortnite World cup qualifier, autant de noms qui ne vous disent peut-être rien mais qui ont drainé des centaines de milliers de vues via différents médias. Leur point commun : l’aspect Esportainement. 

Mot valise issu de Esport et entertainement (divertissement en anglais), Esportainement recouvre une pratique incluant une certaine dose de compétitivité mise au service du spectacle. Cette discipline se revèle aujourd’hui être une des pierres angulaires de la popularisation de l’esport sur internet. Petit tour d’horizon des pratiques.

Fortnite : des difficultés techniques à la multi-diffusion.

Fortnite est le monstre émergent de l’e-sport des ces deux dernières années. Avec une coupe du monde dotée d’un cashprize de 100 millions d’euros (le titre de champion du monde rapporte plus que celui de vainqueur à Rolland Garros) et des chiffres d’audience démesurées (Pic à 90k viewers en moyenne en Europe pour les différentes finales des qualifications à la coupe du Monde), l’idylle se poursuit pour Epic Games éditeur du jeu. Pourtant, le Battle Royal avait rencontré en terme de diffusion un écueil majeur : celui de la lisibilité des actions en mode spectateur à l’occasion des précédentes compétitions (Summer Skrimish). Qu’à cela ne tienne, plutôt que de mettre en place un système de diffusion complexe, Epic Games avait décidé de conditionner la participation aux finales à l’obligation de diffuser sur Twitch sur une chaine personnelle ses parties. Pari gagnant pour l’éditeur, puisque outre l’éclosion de la scène professionnel, les internautes ont pu suivre les pérégrinations de leurs streamers favoris directement avec possibilité de passer facilement d’un point de vue à un autre. Cet organisation s’est appuyé sur un culte de la personnalité des streamers sur lequel repose une certaine partie des audiences notamment en France, et qui pousse les internautes à suivre leur bro, qui est bien souvent plus animateur que joueur professionnel. 

Zrt Trackmania cup : le coup de force de Zerator

Si vous ne suivez l’esport que de loin, vous ne connaissez sans doute pas le jeu Trackmania. Et pour cause, Trackmania fait partie des jeux que l’on pourrait qualifier d’utra-niche, avec une audience et une visibilité au ras des pâquerettes. Pourtant, une fois par an, le jeu connait un pic d’audience démesuré à l’occasion de la Zrt Trackmania cup. Organisé par le streamer Zerator, qui diffuse en live la création de chacune des cartes de la compétition, la compétition prend la forme d’un tournoi en ligne jusqu’au quart de final, puis se termine on stage pour les demi finale et finale. Cette année, cette dernière phase a duré 5 heures dans un Zénith de Strasbourg bouillant, au sens propre comme figuré, l’événement ayant pris place en plein épisode de canicule, et à guichet fermé (6000 places ont été vendues en 3 heures sur les 7500 du zénith). Sur les 5 heures de diffusion, l’événement a été suivi en moyenne par près de 70 000 viewers et plus 345 000 viewers unique (nombre de personnes ayant été connectése au live au moins une fois sur l’événement).

Des chiffres impressionnants qui repose essentiellement sur l’amour de la communauté twitch pour son chouchou Zerator. Si les spectateurs assistent en effet à une compétition, il sont autant là, si ce n’est plus, pour écouter les talents d’animateur du streamer Français de 29 ans. Nous revoilà à notre culte de la personnalité.

Grind de ladder et rush elo, l’esportainement du quotidien. 

L’esportainement trouve aussi sa place en soutien de l’esport classique. Pour prendre l’exemple d’un des cadors de la scène League of Legends (99 millions de viewers pour la dernière finale des championnats du monde), le circuit compétitif majeur (LEC en europe), occupe 3 soirs de la semaine. Il faut donc pouvoir donner une visibilité aux jeux sur les 4 autres jours de la semaine. Ici encore la tache échoit aux animateurs, et on ne compte plus le nombre d’émission twitch / vidéos youtube sur le grind du ladder (littéralement écraser l’échelle, comprendre ici que l’échelle se réfère aux classements en ligne et l’écrasement à la domination de celui-ci). Ici encore, le spectateur va suivre son streamer favori qui performera ou non sur son jeu de prédilection, et ici encore l’audience est relative au culte de la personnalité de l’animateur.

A propos de Pierre ETIENNE GIRANDIERE

Passionné de nouvelles technologies et d'innovation, je cherche une opportunité pour travailler dans l'industrie du jeux vidéo.

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1 réponse

  1. Asmaa SELLAK dit :

    Je pense bien que l’avènement d’esportainement est inéluctable. L’engouement d’un public jeûne et passionné de l’esport, et l’intérêt d’investir médiatiquement laissent présager un bon futur. Toutefois dans certains points qui sont perfectibles, il y a un réel enjeu à améliorer.

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