Facebook : son algorithme accusé de discrimination

Les algorithmes sont de plus en plus présents dans notre quotidien. Premier à en user et à en abuser : Facebook. Seulement, de plus en plus de voix s’élèvent contre les algorithmes utilisés par le réseau social, et notamment en matière de publicité ciblée.

 

  1. Des algorithmes opaques

Plus les algorithmes se développent, plus la nécessité de leur transparence est soulevée.

Cependant, certaines plateformes utilisent des algorithmes opaques, à l’instar de Facebook. En effet, le géant américain cultive un certain secret autour du fonctionnement de son algorithme.

Pourtant, les résultats apportés par ces algorithmes ont été décriés à de nombreuses reprises, notamment car ils seraient discriminants. Cela pose question puisque ces algorithmes sont utilisés dans la publicité ciblée dans des domaines tels que le logement, l’emploi ou le crédit.

 

  1. Des algorithmes accusés de discrimination

Depuis 2016, Facebook ne cesse de voir son algorithme ciblé par des accusations de discriminations. Le journal en ligne ProPublica les a, à plusieurs reprises, dénoncées. Entre autres, une enquête a relevé que le système d’achat de publicités permettait aux annonceurs de cibler leurs destinataires en excluant des catégories d’internautes, selon des critères raciaux. A titre d’exemple, il était possible de les cacher à des personnes ayant une « affinité » avec les afro-américains.

Ce même journal avait révélé une autre affaire déclarant que Facebook avait permis de cibler des personnes antisémites (« Jews Haters »), afin de les cibler et leur proposer des publicités.

Dans un autre registre, les algorithmes de Facebook ont été épinglés pour sexisme. En 2018, trois femmes (avec le soutien de l’Union américaine pour les Libertés Civiles et le Syndicat Communications Workers of America) avaient porté plainte à la Commission Américaine pour l’égalité des opportunités d’emploi. Le filtrage avait en effet empêché à ces femmes de voir des offres qui appartiendraient à des secteurs associés majoritairement aux hommes.

Ce type de révélation est légion depuis plusieurs années, Facebook s’est de ce fait engagé à améliorer son algorithme afin de lutter contre toute forme de discrimination. Pourtant, les dénonciations continuent de pleuvoir, notamment de la part du Ministère du logement américain.

 

  1. La plainte du ministère du logement et de l’urbanisme

En mars dernier, le ministère du logement et de l’urbanisme américain a annoncé vouloir déposer une plainte contre Facebook. La plateforme permettrait aux acteurs du domaine de l’immobilier de cibler les potentiels clients en fonction de leur couleur de peau, de leur sexe, de leur origine, de leur religion, de leur handicap ou de leur statut familial.

Cette annonce avait initié des discussions entre le Ministère et le réseau social, qui avait pris des mesures significatives pour éviter toute discrimination. Pourtant, en août, le ministère a confirmé ce dépôt de plainte.

En effet, la loi américaine « Fair Housing Act » interdit « toute publicité pour une location ou une vente d’habitation qui indique une préférence, limitation ou discrimination fondée sur la race, la couleur, la religion, le sexe, le handicap, le statut familial ou l’origine nationale ».

Cette plainte n’est pas la première en matière de discrimination au logement, puisqu’en 2018 la Nationale Fair Housing Alliance avait déjà porté plainte.

 

  1. La réponse de Facebook

Lors des différentes dénonciations de publicités discriminantes de la part de Facebook, le réseau social s’est toujours défendu de toute volonté de discrimination. En 2016, il avait même annoncé supprimer 5000 options de filtrage publicitaire.

En mars 2018, il avait réitéré en assurant auprès du Ministère du logement prendre des mesures effectives avant la fin de l’année 2019 : les annonceurs auront désormais comme possibilités de choix : l’âge, le sexe, et le code postal. Il sera donc impossible désormais de cibler en fonction de l’origine ethnique ou de la catégorie sociale.

Pour Facebook, cela semble difficile de renoncer à l’optimisation algorithmique extrême qui lui rapporte des revenus très importants pour proposer des algorithmes plus éthiques.

A propos de Vincente LECOMTE

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