La représentativité des femmes dans l’IA

En mars 2018 le rapport Villani sur l’intelligence artificielle consacre un volet conséquent à l’importance de la représentativité des femmes dans ce domaine.

Mais le constat est qu’aujourd’hui, en France, on estime qu’il n’y a que 12% que de femmes dans le secteur de l’intelligence artificielle et à l’échelle mondiale seulement 22%. L’objectif du plan Villani est de viser 40% d’étudiantes dans les filières numériques d’ici à 2020.

Pourtant cela n’a pas toujours été le cas. En effet en 1984, aux Etats-Unis, 37% des diplômées en informatique sont des femmes. A la même époque en France, l’informatique est le deuxième domaine en nombre de femmes diplômées. (source : éditions Belin, Laboratoire de l’Egalité)

Quelques avancées faites par des femmes dans ce domaine

En 1952 c’est Grace Hopper qui écrit le premier compilateur, un morceau de code servant à effectuer des tâches automatiquement. L’idée vient de naître d’un langage de programmation qui serait d’une part indépendant des machines et d’autre part exprimé non pas avec des symboles mais à l’aide d’un langage proche de l’anglais.
Elle conçoit le premier langage de “haut niveau” dont la syntaxe, qui ne dépend plus de la machine physique, facilite le travail du programmateur.

Autre exemple significatif  : en 1969, celui de Margaret Hamilton, responsable de l’équipe chargée du développement du logiciel embarqué, lors de la mission Apollo 11. À l’époque, toute l’importance était mise dans le matériel, comme les gros ordinateurs ou les machines impressionnantes, et pas du tout dans le logiciel, où se situaient les emplois féminins.
Il faut savoir que sans Margaret Hamilton, l’homme n’aurait pas marché sur la Lune.
Margaret Hamilton est aussi l’une des premières au monde à se voir attribuer le titre de «Software Engineer» (ingénieure logiciel).

Tout change dans les années 1980 et l’arrivée des jeux vidéo: « Les publicités, les films, tout indique que ces ordinateurs ne sont pas pour les filles. » (soucre : L’intelligence artificielle pas sans elle de Aude Bernheim & Flora Vincent ).
Dès lors, la culture geek prend de l’ampleur et les stéréotypes sur les femmes ne sachant pas se servir d’un ordinateur prend de l’ampleur.

L’importance de la parité dans l’IA

La question de l’égalité et de l’équité de ces solutions automatiques est un enjeu important. Ecrire du code, c’est faire des choix, privilégier une solution, une façon d’aborder le sujet, de traduire une problématique en langage informatique. Le manque de représentativité des femmes dans les métiers de l’intelligence artificielle accroît le risque de biais sexistes liés à ces choix.

Pourtant les études de Rosabeth Kanter (professeure à la Harvard Business School) ont montré qu’à partir d’un certain seuil de diversité dans une équipe, on assiste à l’émergence de nouveaux points de vue, à des changements de comportements.

 

L’intelligence artificielle peut s’avérer bénéfique dans un large éventail de secteurs, la santé, la consommation énergétique, la sécurité des véhicules, l’agriculture, le changement climatique, la gestion des risques financiers etc. Mais pour que tous les citoyens se sentent concernés et éviter les visions biaisées, il faut intégrer dès sa conception un cadre le plus représentatif.

 

A propos de Cindy ACCOLAS

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