Deux IA ont-elles réellement créé une langue incompréhensible pour l’homme ?

Terminator, iRobot, Robocop… autant de films qui ont contribué à la construction de l’une des plus grandes terreurs de l’humanité : une invasion robotique.

L’avancée fulgurante des nouvelles technologies et les nombreuses prouesses de l’intelligence artificielle alimentent et couvent cette peur du robot qui viendrait massacrer l’humanité dans un décor apocalyptique dont seuls les studios hollywoodiens ont le précieux secret.

Et maintenant, nous dit-on qu’ils commencent déjà à converser dans une langue incompréhensible pour l’homme !

Le mythe devient-il enfin réalité ? Le règne de l’humain touche-t-il à sa fin ?

Entre crainte et exagération, la réalité se révèle pourtant beaucoup plus simple…

 

Pourquoi l’IA fait peur ?

L’Intelligence Artificielle (ci-après l’IA) est un sujet qui passionne et qui excite. Du plus grand spécialiste, passant par le cinéma hollywoodien, jusqu’au papy qui fume sa pipe dans le jardin botanique, tout le monde y va de son avis, ses théories et ses prévisions sur ce que le monde deviendra avec l’essor des machines.

Dans cette pléthore de projections et supputations aux allures de prémonitions peu plausibles, nous trouvons évidemment le scénario qui a jusque-là rencontré le plus de succès : la prédiction dystopique qui voit le robot comme le futur grand maître de l’univers.

 

La peur vend !

Aidés par l’esprit dramatique légendaire des scénarios hollywoodiens, d’aucuns voient l’avenir de l’IA comme Terminator, iRobot etc. La peur vend. Ce n’est un secret pour personne ! Personne ne veut voir un monde dans lequel l’homme serait l’esclave et le robot le maître. Pourtant, paradoxalement, presque tout le monde a envie d’y croire. C’est excitant ! Presque émoustillant !

C’est dans ce contexte que, suite aux travaux de Google Brain – le programme de recherche sur l’IA de l’entreprise multinationale – sur la capacité des réseaux neuronaux à crypter un message, la presse s’est affolée avec ses nombreuses « unes » qui, presque de connivence, ont décidé de répandre la nouvelle suivante : Des intelligences artificielles en communication ont réussi à créer leur propre langue incompréhensible pour l’homme.

Des titres qui ont évidemment vite fait le tour du monde et alimenté les théories les plus farfelues et parfois même complotistes.

Cependant, suite au déferlement sensationnel, il convient de défendre l’indéfendable : c’est-à-dire ce qu’il s’est effectivement passé.

 

 Une langue n’a pas été créée !

Nous sommes ici, loin d’une hypothétique intelligence artificielle dotée d’une conscience, d’une âme et d’un libre arbitre qui lui permettraient de prendre des décisions sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle.

La réalité de cette expérience est, à la fois beaucoup plus compliquée et beaucoup plus simple que cela.

Beaucoup plus compliquée car l’expérience n’a jamais fait l’objet de ce que le raccourci caricatural de certains médias veut bien faire croire. Au contraire, nous sommes ici en présence d’une étude scientifique sérieuse et complexe avec un but bien déterminé. En effet, le but de Google était simplement de voir si deux réseaux neuronaux pouvaient, en l’absence de tout algorithmes mathématiques installés au préalable, apprendre à chiffrer un message sans qu’un troisième réseaux de neurones chargé d’intercepter les messages, n’arrivent à les déchiffrer.

Beaucoup plus simple car nous sommes heureusement loin de l’intelligence artificielle à proprement parler, donc loin de tout renversement de situation dystopique digne des scénarios de science-fiction. Nous sommes là simplement face à des réseaux de neurones qui tentent, sans relâche, d’apprendre à effectuer une simple opération de cryptographie. La création d’une langue par des IA n’a donc jamais eu lieu.

Il convient alors de profiter de l’accalmie de la tempête pour souligner les aspects positifs de cette prouesse. En effet, la réussite des réseaux de neurones observée par les scientifiques pourrait aider à perfectionner les outils de confidentialité utilisés par certains réseaux sociaux tel que le chiffrement en bout à bout par exemple. Aussi, est-il encourageant de voir qu’avec cette technologie, nous pouvons envisager la protection sélective des données personnelles.

D’ici là, rêvons de plateformes intelligentes qui pourraient être en mesure de détecter quelles informations laisser au public et quelles informations protéger pour assurer à la fois la confidentialité et la protection des données des utilisateurs d’internet.

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