Black Mirror : de la fiction à la réalité

Black Mirror est une série dystopique qui traite l’impact des nouvelles technologies sur le comportement des utilisateurs. La série s’inspire de notre époque et non pas de la fiction. Le premier épisode de la troisième saison nous conte l’histoire de Lacie, une femme qui vit dans un système de notation permanent qui permet de modérer la société.

Dans l’épisode Nosedive, les personnages doivent plaire aux autres pour que leur note globale augmente. Plus la note est élevée, plus ils ont des privilèges comme des promotions professionnelles, des accès aux transports et d’autres avantages.

L’épisode rappelle l’importance des réseaux sociaux de nos jours et notamment des dangers qu’ils génèrent. Cependant, de la série à la réalité, il n’y qu’un seul pas et il a été franchi par la Chine en lançant le « Plan de planification pour la construction d’un système de crédit social (2014-2020) ». Le système est développé dans une douzaine de villes dont Shanghai, Nankin, Xiamen et Yiwu.

Dans la même veine que la série, les citoyens sont notés en fonction de leur comportement : ne pas traverser sur un passage piéton, ne pas payer une facture, promener son chien sans laisse ou encore critiquer le gouvernement sur les réseaux sociaux peut réduire votre crédit social. Cela peut avoir de lourdes conséquences sur le quotidien des citoyens. En effet, un crédit social faible est synonyme de mauvais comportement. Ce qui crée des difficultés pour trouver un logement ou contracter un crédit auprès d’une banque. La note influence donc le comportement des autres.

L’une des « punitions » qui fait le plus parler est celle sur la restriction sur les transports. Les mauvais citoyens peuvent être interdits des transports comme le train ou l’avion. Depuis la mise en place du système de notation 17,46 millions de personnes ont été empêchées d’acheter un billet d’avion et 5,47 millions d’acheter des billets de train.

Le gouvernement chinois compte généraliser ce système dans tout le pays d’ici 2020. Le but est d’assurer l’ordre et de limiter les comportements nocifs pour la société. Le journal chinois Global Times a annoncé que 3,5 millions de personnes endettées ont réglé leurs dettes en 2018. Evidemment c’est le système de crédit social qui est mis en avant pour expliquer ce chiffre.

Dans certaines villes qui subissent l’expérimentation, les mauvais citoyens sont affichés sur des écrans géants avec leur nom et prénom ainsi que leur numéro de matricule. Dans une province chinoise, une application permet aux utilisateurs de détecter les citoyens qui sont endettés autour de soi. Le gouvernement chinois est même allé jusqu’à proposer une application grâce à laquelle les citoyens peuvent dénoncer les incivilités d’autres citoyens. Les libertés de chacun sont donc de plus en plus réduites en Chine car pour optimiser au mieux ce système des millions de caméras sont installés.

On peut à raison s’offusquer de ce système, mais de nos jours, il est clair que cette pratique est commune de notre société. L’utilisation des réseaux sociaux, avec les systèmes de like et de commentaires est similaire car le but est de juger les contenus postés. Autre exemple, les applications qui permettent de noter les services, comme par exemple Uber. Si un chauffeur Uber est mal noté son accès à la plateforme est restreint. Il perd donc potentiellement une source de revenu sur l’avis de client mécontent. Dans le monde, il existe de nombreuses pratiques controversées comme par exemple : le Patriot Act américain et bien d’autres…

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