Vers une interdiction de la course à l’armement autonome ?

Dans la même lignée que l’opinion publique, le Parlement européen s’est prononcé contre les armes létales autonomes. Désireux d’assurer la préservation de la paix, le Parlement n’ignore pas le fait que plusieurs entreprises bénéficient de subventions publiques et d’entreprises privées et développent actuellement ces systèmes. Il incite toutefois les membres et les instances de l’Union européenne à entamer des procédures de négociations internationales afin d’élaborer un « instrument juridiquement contraignant » interdisant les SALA. Cette résolution du 12 septembre 2018, votée par les députés européens à une grande majorité, n’a cependant aucune portée contraignante et ne demeure que symbolique.

Comme le disent très bien les experts en IA qui participent aux campagnes contre les « robots tueurs », « si on laisse s’ouvrir la boîte de pandore, il sera impossible de la refermer ». Il s’agit d’une véritable révolution, mais on ne doit pas aller au-delà de ce qui est acceptable. Il est donc nécessaire d’établir un cadre et des limites dès lors que son utilisation présente des dangers en cas de dérives.

Cependant, si de tels systèmes doivent voir le jour, il reste encore de nombreux progrès technologiques à accomplir, tant du côté de la maîtrise de l’IA, de ces capacités d’apprentissage que de l’autonomie des machines. Les  capacités de ces robots restent limitées puisqu’ils ne sont performants que sur ce qu’on leur a appris, et ce, à partir de milliers d’exemples. Ils ne peuvent pas s’adapter à des situations extrêmement changeantes.

Bien qu’il ne semble pas dans l’intérêt des États de perdre le contrôle sur leurs machines en leur octroyant tout pouvoir de décision, nous ne pouvons pas garantir que ces situations n’évolueront pas. Comme le suggèrent les Pays-Bas, un guide de bonnes pratiques serait le bienvenu.

En effet, une interdiction pure et simple, allant à l’encontre de la volonté de certains États tels que la Chine ou la Russie, ne semble pas être la meilleure des solutions. Les débats doivent rester ouverts pour que l’encadrement de ces pratiques puisse, à terme, être applicable à tous, sans que certains États se retrouvent désavantagés. Ce serait notamment le cas si l’Union européenne se retrouvait sous le coup d’une réglementation tandis que les autres grandes puissances seraient en mesure de poursuivre l’équipement de leurs armées avec les SALA.

Rappelons pour terminer que le fait que nous pouvons le faire ne signifie pas que nous devons le faire, car « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

 

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A propos de Camille VAUGARNY

Construite autour de valeurs sportives, déterminée et surtout passionnée par les NTIC, je finalise actuellement mon Master 2 Droit de l’économie numérique après une spécialisation en Propriété intellectuelle en Master 1. Le monde numérique, source intarissable de challenges d’envergure, est en mise à jour constante et je me passionne à identifier, comprendre et analyser ces nouveaux défis qu'ils soient techniques, juridiques ou sociétaux.

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