Le private equity à l’ère du numérique

Le private equity ou encore capital investissement est une forme d’investissement par laquelle une personne physique ou morale, injecte des fonds dans une société non cotée en bourse ou la rachète lorsque celle-ci en a besoin pour se développer ou se redresser en périodes de difficultés financières. La transformation numérique bouleverse également le secteur de l’investissement. Comment le numérique peut-il interagir avec le private equity ?  Les nouvelles technologies peuvent non seulement faciliter les opérations de private equity, elles peuvent provoquer leur disruption. Les nouvelles technologies peuvent être une véritable source d’opportunités pour le capital-investissement lequel peut être à son tour au service de l’innovation.

La technologie au service du private equity, malgré le risque de désintermédiation

La technologie offre d’intéressantes opportunités pour les acteurs du private equity. Pour Bertrand Levy, Associé chez Bird & Bird, la transformation numérique constitue « une source d’opportunités car elle permet d’une part aux sociétés en portefeuille de bénéficier d’un levier supplémentaire (augmentation du nombre de canaux de distribution par exemple) et d’autre part de créer de nouvelles opportunités d’investissement chez les jeunes pousses du numérique ».

L’IA pourrait être utile dans les opérations de due diligence. La due diligence est l’opération consistant pour un investisseur à auditer ou effectuer des vérifications sur la situation de l’entreprise avant son acquisition. L’IA peut être d’un grand apport.

Le cloud offre aux entreprises de private equity la possibilité d’externaliser la sauvegarde de leurs données. De plus, « le cloud offre une plateforme d’analyse et de reporting plus efficace, car plus facilement accessible aux utilisateurs-métier ». Le cloud offre aux entreprises une utilisation simple des solutions logicielles basées. Les solutions logicielles basées sur le cloud offrent une certaine « mobilité et simplicité d’utilisation dont elles ont besoin tout en intégrant l’information en provenance de multiples sources ».

Le risque de disruption des Initial Coin Offerings (ICO) n’est pas à négliger. Une ICO est un mécanisme de levée de fonds en cryptomonnaie permettant aux entreprises notamment les start-ups de pouvoir émettre un actif numérique appelée ‘’token’’ dont le régime juridique reste encore à fixer. Les ICO sont issus du mécanisme de la Blockchain qui a fait l’objet d’une reconnaissance légale en France dans le domaine financier. Les ICO permettent aux start-ups de se financer en vendant des tokens, se passant ainsi non seulement du private equity, mais aussi d’autres méthodes de financement comme le crowdfunding ou la vente d’actions. Le recours aux ICO provoque une disruption des modes traditionnels de financement et en particulier le private equity.

Le private equity au service de l’innovation technologique

« L’industrie du capital risque ou ‘’capitaux-risqueurs’’ peut être la source de financement externe privilégiée des start-ups et des entrepreneurs ». Les projets innovants représentent 66,7% des financements accordés. Les acteurs du capital-investissement ont bien compris que les entreprises innovantes constituent une source importante d’opportunités. Le private equity peut être une importante source de financement des entreprises innovantes n’ayant pas la possibilité d’être cotées en bourse. Elles doivent néanmoins présenter de nombreuses garanties quant à leur capacité à se développer et auxquelles les modes de financement traditionnels ne sont pas compatibles. Ces entreprises doivent cependant présenter des garanties d’un retour sur investissement à l’investisseur.

Si le private equity est plus développé aux USA ou au Canada, force est de constater que de plus en plus d’entreprises françaises lèvent des fonds par le biais du private equity. Et la majorité des investissements concerne le secteur des nouvelles technologies. Selon une étude réalisée par EY, en 2017 au total 602 opérations de private equity ont été réalisées et le secteur des technologies de l’information concentre à lui seul 66,7 % des financements en France.

Si technologie peut rimer avec private equity en ce sens qu’il existe entre eux une complémentarité favorable, il convient de noter que la désintermédiation du capital investissement devient quasi inévitable. Les start-ups ont donc le choix quant à leur financement.

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