Entre fantasmes et réalité : quid de ceux que l’on surnomme les “robots tueurs” ?

Bien qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, d’armes qui soient entièrement autonomes, le débat mérite largement que l’on s’y attarde puisque en matière de nouvelles technologies tout évolue très vite. Pour l’instant, aucun État ne semble avoir osé franchir ce pas. Toutefois certaines machines s’en approchent dangereusement. 

IA et armement « autonome » dans le monde : des cas concrets

Le SGR-A1 de Samsung : robot sentinelle en Corée du Sud

Ce n’est pas une grande surprise d’apprendre que la Corée s’est dotée d’un robot sentinelle. Il s’agit donc du SGR-A1 conçu par le géant sud-coréen Samsung et déployé à la frontière avec la Corée du Nord. Le robot est fixe, mais il peut pivoter. Grâce à une caméra infrarouge ainsi qu’un système de reconnaissance et de capteurs de chaleur il est capable de détecter les silhouettes humaines en mouvement, de jour comme de nuit, sur un rayon de quatre kilomètres, et ainsi d’alerter les autorités. Rien de sensationnel jusque-là. Mais le robot est aussi équipé d’une mitrailleuse et d’un lance-grenades qui peuvent être activés à distance par un soldat.

Le robot américain MAARS

Le robot chenille MAARS (Modular Advanced Armed Robotic System), développé par la société américaine QinetiQ, a intégré le bataillon des Marines dans un cadre expérimental. Il est conçu pour des missions de reconnaissance, de surveillance et d’élimination des cibles. Il permet aux soldats de tirer à distance, sans risque pour ces derniers. En effet il est surmonté d’une mitraillette M240 qui peut aussi supporter un lance-grenade. Il se déplace de manière autonome à une vitesse de 7 kilomètres par heure et dispose d’une vision panoramique à 360 degrés. Il possède des caméras de vision diurne et nocturne, des détecteurs de mouvements et même d’incendie. Il peut suivre les troupes à pied avec une autonomie maximale de 12 heures.  Il reste actuellement supervisé à distance. La décision d’actionner cette machine de guerre pour le tir est donc pour l’instant prise par un humain. Une unité de contrôle supervise le robot à distance qui, grâce à un écran, peut recevoir la vision de la machine et ainsi ajuster les cibles.

Le robot russe FEDOR et autres innovations

La Russie n’a pas attendu pour prendre le train en marche et s’engager dans le développement et la fabrication de SALA. Dans cette courte vidéo, on découvre FEDOR (Final Experimental Demonstration Object Research). Un robot humanoïde capable de tirer avec une arme à feu dans chaque main. Il est présenté comme étant « un robot armé et dangereux », il fait de la musculation, il est capable d’utiliser des outils et potentiellement de conduire une voiture. Les responsables de ce programme indiquent créer une intelligence artificielle et non un Terminator, mais n’en disent pas plus à ce sujet.

Certaines grandes puissances telles que la Chine ou la Russie restent plutôt discrètes sur l’avancement de leurs « progrès ». Nous ne disposons que des informations qui ont bien voulu être communiquées au public. Il n’est pas exclu, suite aux nombreuses réticences de l’opinion publique et pour des raisons stratégiques, que des États gardent le secret sur les armes qu’ils développent.

Les systèmes d’armement sans équipage, tels que le robot Fedor et le robot Maars, se rapprochent des systèmes d’armes autonomes au sens littéral, contrairement au SGR-A1 qui est un robot fixe. Etant donné que l’Homme garde sa place dans le processus décisionnel nous ne pouvons pas définir ces machines comme étant des SALA. Ce contrôle exercé par l’humain est actuellement un sujet de débat évoqué dans les discussions entre les pays sur la question des armes autonomes.

A propos de Camille VAUGARNY

Construite autour de valeurs sportives, déterminée et surtout passionnée par les NTIC, je finalise actuellement mon Master 2 Droit de l’économie numérique après une spécialisation en Propriété intellectuelle en Master 1. Le monde numérique, source intarissable de challenges d’envergure, est en mise à jour constante et je me passionne à identifier, comprendre et analyser ces nouveaux défis qu'ils soient techniques, juridiques ou sociétaux.

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