Entre peur et fascination face aux technologies

Les Hommes sont-ils prêts à cohabiter avec ces nouvelles technologies foisonnantes ?

Une des technologies les plus représentées dans la science-fiction sont les robots, assortis de leur intelligence artificielle. On a tous en tête cette image mystérieuse et dangereuse que représenteraient robots et IA. Il s’agit de la peur de voir la créature dépasser le créateur, elle prendrait alors le pouvoir et mettrait fin à l’esclavagisme des robots par une guerre sanglante. C’est ce que racontent de nombreux films et livres de science-fiction.

Le mythe de la créature qui s’échappe et s’émancipe est présent depuis longtemps dans les récits. Dans la tradition juive on retrouve le mythe du Golem ou le rabbi Loew de Prague. Il s’agit d’un Golem d’argile fabriqué pour se protéger, il prend vie et finira par vouloir son indépendance. Son créateur décide alors de rompre le sortilège qui lui avait donné vie et la créature redevint poussière. On retrouve cette idée dans le fameux Frankenstein de Mary Shelley publié en 1818. Le créateur prend peur et la société rejette ce monstre qui voudra se venger. Plus récemment, le film de James Cameron Terminator prévoie la fin de l’espèce humaine qui serait exterminée par ces créatures. C’est aussi l’intrigue du film Ex-machina où la machine finit par prendre le dessus par divers moyens, que ce soit par la force ou la séduction. Malgré ces films assez pessimistes sur l’avenir de l’Homme, on ne doit pas pour autant s’attendre au pire avec ces technologies. Toutefois, elles révèlent un certain malaise qui transparaît dans la société, bien au-delà de la fiction.

Aujourd’hui, avec des IA de plus en plus performantes, un nouveau bouleversement survient. De nombreux travaux sont menacés, le modèle doit être repensé. Un des principaux enjeux actuels face aux nouvelles technologies est de faire face au bouleversement économique et social qui a lieu dans le monde du travail. On se met par exemple à parler d’une nécessité de recourir au revenu universel pour pallier le problème de la hausse du chômage. On parle d’une quatrième révolution industrielle : la révolution numérique. Elle alarme notamment du fait de son caractère exponentiel, évoluant à grande vitesse et touchant tous les secteurs. Ces changements dans le travail inquiètent aussi car ils semblent mener à la hausse des inégalités et à la stagnation des salaires.

L’autre aspect préoccupant est le volet sur la vie privée comme le rappelle l’article du Weforum en 2017 dédié aux interrogations sur la quatrième révolution industrielle[1]. Les technologies ont bel et bien un « impact sur notre vie intime », que ce soit au vu du nombre inimaginable de données collectées chaque jour dans les Data center, ou ces caméras qui nous épient de plus en plus jusqu’à détecter nos émotions pour des raisons de sécurité. Les technologies modifient notre société mais aussi notre façon d’être, c’est-à-dire « notre notion de la propriété, nos modes de consommation, […] la façon […] dont nous faisons des rencontres et nous entretenons des relations ».

Au-delà de l’idée de fin du monde, on parle aussi de « vallée dérangeante », théorie d’un japonais dans les années 70 selon laquelle plus un robot ressemble à l’humain, plus l’Homme en éprouvera un malaise profond du fait de la résurgence des imperfections de la machine. Sophia par exemple, son corps comme son nom, sa nationalité saoudienne ont presque tout d’un être humain. C’est aussi le cas d’Aiko (signifiant « celle qu’on aime » en japonais), ou encore du robot Scarlett Johansson imaginé à partir du physique de l’actrice.

En plus de cette représentation corporelle, on parle d’une « empathie artificielle » pour les IA. Les machines pourraient développer une empathie proche de celle de l’Homme. De là découlerait une intelligence émotionnelle, c’est-à-dire la capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses émotions et celle des autres. Par exemple, Ellie et Alexa peuvent lire les expressions faciales ou reconnaître certaines intonations de voix exprimant la colère. Le phoque nommé Paro, robot thérapeutique, réagit aux émotions de la personne et aide les malades à retrouver un état plus serein.

 

[1] https://fr.weforum.org/agenda/2017/10/la-quatrieme-revolution-industrielle-ce-qu-elle-implique-et-comment-y-faire-face/

A propos de Léa VERMERSCH

Student in IP / IT law, I am interested in all the problematics (especially legal questions) linked to new technologies: GDPR, cybersecurity... I love traveling and experiencing new adventures, and I am also passionate about the digital world and all the opportunities it can give.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.